
TABLE DES MATIÈRES
La philatélie est un passe-temps extraordinaire
Quelques conseils pour démarrer
Les outils essentiels du philatéliste!
Qu’est-ce que je devrais collectionner?
Collectionner les timbres, est-ce que cela va me coûter cher?
Histoire de timbres émis par des entités disparues
Les timbres du royaume des Sedangs
L’Ordre souverain militaire de Malte
Collectionner les timbres par thématiques
La philatélie, ça ROCK N’ ROLL!!!!
Le Penny Black – le tout premier timbre!
Les timbres de Saint-Pierre-et-Miquelon
La reine Élizabeth II et les timbres
Les timbres et les automobiles
La philatélie des îles de l’océan Pacifique!
L’Antarctique – La philatélie et l’univers des manchots!
Les timbres et les châteaux de France
Le soccer (football) et les timbres
Ho-Ho-Ho! Le père Noël et les timbres!
Les petits cœurs et les timbres
Les timbres et l’origine des espèces…
Les Autochtones et les timbres
Amelia Earhart – Pilote, pionnière de l’aviation et… philatéliste
Des timbres sur le changement climatique
Les timbres de l’île de Staffa
Tonga – Les timbres de la dernière monarchie du Pacifique!
L'espace et les timbres
Des grenouilles et des timbres
Les origines de l’enseignement et les timbres
Boo! Les timbres de l'Halloween!
Les timbres du jour du Souvenir
Île Christmas – L'île de Noël!
La philatélie est un passe-temps extraordinaire!
Collectionner les timbres est amusant; pouvoir découvrir le monde et apprendre toutes sortes de faits intéressants tout en appréciant les nombreux timbres émis par chaque pays deviendra rapidement une passion. Les timbres-poste sont des œuvres d’art miniatures – souvent colorées, bien dessinées et superbement conçues et imprimées. Les timbres nous offrent l’occasion la plus idéale d’approfondir nos connaissances de la géographie, de l’histoire, de la politique et des cultures de notre vaste monde.
Il y aurait eu environ 500,000 timbres émis à travers le monde depuis l’émission du tout premier par la Grande-Bretagne en 1840. Par exemple, les États-Unis en ont émis un peu plus de 5,000 tandis que la Russie, elle, en aurait émis un peu moins de 7,000. Le Canada, pour sa part, a émis 3 000 timbres, selon le site Web du Musée canadien de l'histoire.
Le premier timbre
Pour savoir ce que l'on faisait pour envoyer des lettres avant l'invention des timbres, clique sur le « Penny noir ».
Avec tous ces chiffres, comment démarrer sa collection de timbres? C’est vrai qu’il faut y penser un peu. Que collectionner? As-tu un intérêt pour un pays en particulier? Beaucoup de collectionneurs canadiens collectionnent évidemment les timbres du Canada. D’autres collectionnent des timbres du pays d’origine de leurs ancêtres. D’autres encore, ayant un intérêt pour l’histoire ancienne, collectionnent des timbres de pays qui célèbrent leur histoire (Grèce, Italie, Égypte).

Tu peux aussi collectionner selon tes goûts personnels; si tu aimes les animaux, pourquoi ne pas collectionner les timbres représentant des oiseaux, des mammifères, des reptiles ou des poissons? C’est ce que collectionnent mes enfants Ekko et Kaya. Si tu as un penchant pour les automobiles ou le sport, ce sont aussi d’excellents choix pour ta collection…



Personnellement, j’ai décidé de collectionner des timbres de tous les pays, mais en mettant particulièrement l’accent sur certains d’entre eux, dont le Canada, la Belgique, la France, l’Australie et l’Allemagne. Avec le temps, vu le grand nombre de timbres, j’ai décidé de ne collectionner que les timbres émis avant l’an 2000… Une autre décision : collectionneras-tu les timbres oblitérés (timbres usagés déjà utilisés pour affranchir une lettre) ou des timbres neufs (achetés à la poste)? Moi, je collectionne les deux.
Commence par jeter un coup d’œil aux pages Web, images et vidéos suivantes que j’ai dénichées pour t’aider à comprendre ce que ce passe-temps peut t’apporter, et la prochaine fois, je te donnerai des conseils pour commencer ta collection.

Clique sur une image pour te rendre sur le site Web.
Quelques conseils pour démarrer
Un conseil que je peux te donner est de laisser savoir à ta famille et à tes amis que tu collectionnes les timbres. Pour moi, ma famille et mes amis ont toujours été une grande source de timbres. Dans le passé, j’ai déjà eu des collègues qui venaient de différents pays d’Afrique et qui n’hésitaient pas à me donner les timbres qu’ils recevaient sur leur courrier. Tu peux faire la même chose avec tes amis de l’école dont la famille vient d’un autre pays, et en profiter pour en apprendre sur leur culture. Lorsque des membres de ma famille ou des ami(e)s voyagent à l’étranger, je leur demande de ne pas m’oublier…

Un autre conseil que je peux te donner est de te procurer des paquets de timbres sur la thématique qui correspond à tes champs d’intérêt. Et cela bien sûr, selon tes moyens financiers. Je te dirai comment le faire dans une prochaine rubrique. Collectionner les timbres n’est pas nécessairement un passe-temps qui nécessite un gros investissement. Il est possible de se dénicher, pour quelques dollars, un album pour débutant avec quelques timbres et des charnières… Il y a différentes sortes d’albums que tu peux utiliser pour mettre en valeur ta collection.

Ton choix d’un album approprié est important. Les albums imprimés – ceux avec les noms des pays imprimés en haut de chaque page – peuvent soit être obtenus avec une reliure (comme les livres normaux) ou avec des anneaux à feuilles mobiles. Personnellement, je préfère les albums à feuilles mobiles, car les feuilles peuvent être réorganisées et il est plus facile de rajouter de nouvelles feuilles pour les nouveaux timbres émis annuellement. Il existe aussi des albums pour chaque pays. Ces albums coûtent évidemment plus cher, mais ont l’avantage d’avoir un espace pour chaque timbre émis par le pays en question. C’est le genre d’album que j’utilise pour les quelques pays que j’ai précédemment cités. Les albums à anneaux ont aussi l’avantage de rester plats lorsque l’album est ouvert, ce qui facilite la mise en place des timbres sur les pages.

Certains collectionneurs utilisent des classeurs pour mettre en valeur leurs collections. Ces classeurs sont des livres qui permettent de placer les timbres dans des poches, sur des pages, pour une visualisation plus facile. Ces derniers ont l’avantage de ne pas nécessiter l’utilisation de charnières et sont très appréciés des collectionneurs qui aiment « bricoler », ceux qui aiment organiser leurs collections à leur façon. Ces albums sont particulièrement flexibles pour les collections thématiques : animaux, sports, automobiles, etc. J’en utilise quelques-uns pour mes timbres neufs canadiens… Finalement, il est aussi possible, sur certains sites Web, d’imprimer ses propres pages d’album.

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Postes Canada a publié une série de timbres consacrés à la nouvelle année lunaire, chaque timbre représentant un des 12 signes du zodiaque chinois.
J'ai sélectionné pour toi les pages respectives de ces très jolis timbres où tu trouveras des renseignements fort intéressants sur la signification de ces signes dans la culture chinoise, en plus des données techniques sur les timbres.
Les outils essentiels du philatéliste!
Afin de profiter pleinement de tous les aspects de la philatélie, un passe-temps en plein essor partout dans le monde, tu dois disposer de certains outils de base.
Que tu commences tout juste ton voyage philatélique ou que tu souhaites simplement t’assurer d’avoir tout ce dont tu as besoin pour t’avancer dans ton passe-temps préféré, voici quelques outils que je te suggère. Évidemment, il y a les albums, un sujet dont je t’ai déjà un peu parlé dans une chronique précédente.
Guides et ouvrages de référence sur les timbres et la philatélie
Avant tout, la plupart des philatélistes aiment bien pouvoir trouver rapidement des informations sur les timbres qu’ils viennent d’acquérir ou qu’ils recherchent tout particulièrement. Bien qu’Internet soit une ressource fantastique, il en est de même pour la multitude d’excellents guides et ouvrages de référence sur le marché.

De nombreux collectionneurs considèrent qu’un catalogue est un outil pour classer les timbres et pour en connaître la valeur. En Amérique du Nord, le catalogue le plus utilisé est le catalogue Scott. En France, c’est le catalogue Yvert et Tellier qui a la cote tandis qu’en Grande-Bretagne, c’est le catalogue Stanley Gibbons, et le catalogue Michel en Allemagne. Chacun de ces ouvrages utilise son propre système de numération, ce qui peut devenir un peu mélangeant si tu utilises plus d’un catalogue. Toutefois, il est important de noter que certains timbres sont listés dans un catalogue et pas nécessairement dans un autre. Par exemple, les timbres émis par les Chérifs du Maroc au début du 20 ͤ siècle, donc indépendamment du gouvernement officiel, sont énumérés dans Yvert et Tellier, mais pas dans Scott. Il est aussi possible de se dénicher des catalogues spécialisés tels que, par exemple, pour identifier les timbres du revenu du Canada ou les timbres de pré-annulation du Canada... Tout cela est un peu technique et nous en reparlerons dans d’autres chroniques futures.

Pinces et outils similaires
Pour de nombreux philatélistes, il est impensable de toucher les timbres avec les doigts. Les huiles que nous avons tous sur nos doigts (c’est absolument normal!) peuvent avoir un effet néfaste sur les timbres en effaçant possiblement le cachet postal ou en maculant les couleurs. C’est là que la pince à timbres, très semblable à une pince à épiler, entre en jeu.
Les pinces sont offertes dans de nombreuses formes et tailles. Il existe des pinces rondes, pointues ou courbées. Certains philatélistes ne jurent que par les pinces pointues tandis que d’autres trouvent que les pinces rondes répondent mieux à leurs attentes. Ma préférence personnelle va pour la pince courbée, car je trouve cela plus facile pour ramasser plusieurs timbres à la fois. Les pinces sont en vente chez tout bon marchand de timbres et se vendent à un prix très raisonnable, ce qui te permettra peut-être de t’en procurer plus qu’une, car on peut les égarer assez facilement...
Tu n’as pas l’habitude de travailler avec des pinces? Comme dit le proverbe : c’est en forgeant que l’on devient forgeron! Essaie tes nouvelles pinces en ramassant des timbres de faible valeur ou des timbres que tu as en double avant de les utiliser pour des timbres de ta collection. Cela t’aidera à te sentir à l’aise dans l’utilisation de tes pinces pour soulever, séparer et placer tes timbres dans tes albums. Avec le temps, il est possible que tes pinces se salissent, nettoie-les soigneusement avec du savon à vaisselle et de l’eau tiède en t’assurant de ne pas laisser de résidus de savon sur tes pinces.

Une bonne paire de pinces devrait durer longtemps; j’en possède une depuis une vingtaine d’années... Toutefois, si tu remarques des taches de rouille, il est temps de la remplacer.
Loupe
Même si tu penses avoir la meilleure vision 20/20 au monde, tu auras peut-être du mal à apprécier toutes les nuances de tes timbres. Comme exemple, le plus petit timbre du monde est un timbre émis en Amérique du Sud par la province de Bolivar en Colombie. À 9,5 mm sur 8,0 mm, il serait pratiquement impossible d’en voir les détails sans une loupe.
Tu peux acheter une loupe dans un magasin de timbres ou dans un magasin de fournitures de loisirs tel que Michael’s. Tu en voudras une avec une poignée suffisamment longue pour que tu puisses facilement la saisir.
Quels sont les détails d’un timbre qui nécessite l’utilisation d’une loupe? Le philatéliste est en quelque sorte un détective qui cherche à voir les filigranes (dessins invisibles imprimés dans le papier), les marques de phosphore, les défauts (la valeur de certains timbres peut augmenter s’il y a des défauts), les taches d’encre, etc.
Charnières et montures
Une charnière est un petit crochet de type glassine utilisé pour apposer tes timbres sur les pages de ton album. Tu n’as qu’à coller la moitié de la charnière déjà humectée sur un côté du timbre et l'autre moitié de la charnière sur la page de l'album.
Les charnières que tu utiliseras dans ta collection de timbres seront transparentes et dites « pelables ». Elles auront un peu de
gomme sur le dessus (colle) et te permettront d’apposer tes timbres sur les pages de ton album.
Les montures, elles, sont différentes; ce sont de petites enveloppes scellées ajustées à la grandeur du timbre, normalement de couleur noire, qui protègent ce dernier de la poussière, de l’humidité et de l’air.

Devrais-tu utiliser des charnières ou des montures? Bonne question! Cela dépend de la qualité et de la valeur de ton timbre. Un timbre neuf avec une valeur élevée sera certes mieux protégé si tu utilises une monture alors qu’un timbre usagé de faible valeur pourrait être ajouté à une page de l’album avec une charnière. C’est à toi de décider, cela fait partie du plaisir d’être philatéliste!
Autres outils
Il existe bien sûr toute une panoplie d’autres outils. Toutefois, pour les philatélistes débutants, certains de ces outils ne sont pas absolument nécessaires à moins que tu veuilles vraiment te spécialiser en comptant les perforations d’un timbre particulier ou si tu veux pouvoir apprécier en profondeur les filigranes de certains timbres... Une jauge de perforation pourrait t’être utile pour compter les perforations d’un timbre et un produit tel que le benzène te permettrait de mieux apprécier les dessins cachés de certains timbres...
Aussi, des enveloppes de glassine et des pages séparées te permettront de bien ranger tes timbres en double afin de les protéger pour éventuellement les échanger avec d’autres collectionneurs...
Un dernier mot en ce qui concerne les outils...
Être philatéliste veut dire que tu vas évoluer et grandir avec ta collection de timbres. Au fil du temps, tes outils de collectionneur évolueront aussi. La philatélie n’est pas un passe-temps qui coûte cher; toutefois, il nécessite un petit investissement initial afin d’avoir les outils de base...
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Connais-tu le Groupe des Sept? Il a été créé par de jeunes artistes canadiens en 1920. Postes Canada a émis une série de timbres pour marquer le centenaire de la première exposition du Groupe des Sept. Pour en apprendre davantage, visite la page du magazine de Postes Canada en cliquant sur une des images ci-dessous.
Qu’est-ce que je devrais collectionner?
La philatélie ou la collection de timbres est un passe-temps populaire et éducatif qui se pratique à travers le monde entier. Depuis la parution du tout premier timbre en 1840, le célèbre Penny Black émis par le Royaume-Uni, collectionner les timbres est devenu le passe-temps de millions de personnes dont, entre autres, Sa Majesté la reine Elizabeth II, l’ancien président Franklin Delano Roosevelt, le comédien Charlie Chaplin, l’aviatrice Amelia Earheart et le Beatle John Lennon.
Parfaits autant pour les enfants que les adultes, les timbres sont passionnants et captivants. Les jeunes nouvellement initiés à la philatélie sont vite enthousiasmés par soit les animaux, les modes de transports ou les œuvres d’art figurant sur les timbres tandis que les collectionneurs avancés apprécient le défi de peut-être trouver un timbre rare ou qui représente un événement important de l’histoire.
Choisir un thème, oui, mais lequel?
Bonne question! Collectionner les timbres se doit d’être un loisir enrichissant et amusant! Il existe de nombreuses approches pour collectionner des timbres et elles sont toutes aussi valables l’une que l’autre. Tu peux opter pour une collection sur les animaux (mammifères, insectes, poissons, oiseaux ou animaux préhistoriques tels que des dinosaures…), sur les grandes œuvres d’art (grands peintres, sculptures, musique…), sur une période historique particulière (l’Égypte ancienne, Napoléon, la révolution américaine…) ou tout simplement sur des pays qui t’intéressent. Moi, j’avais décidé il y a bien longtemps de collectionner tous les timbres… Toutefois, avec les années, j’ai réalisé l’ampleur énorme de mes ambitions et je me suis limité aux timbres émis avant l’an 2000, tout en me spécialisant sur quelques pays qui m’intéressaient…
Choisir un thème en particulier t’aidera à trier ta collection. Afin de maintenir ton intérêt, il est essentiel que ta collection reflète tes intérêts personnels.
Voici, plus en détail, diverses façons de collectionner tes timbres :
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Par pays – Les timbres émis par un pays sont généralement le reflet de son histoire, de sa culture, de sa faune et de sa flore; ce qui en fait une des façons les plus courantes de se monter une collection. Certains philatélistes s’assurent d’avoir au moins quelques timbres de chaque pays du monde et d’autres, comme moi, essaient aussi de se procurer des timbres de pays qui n’existent plus officiellement (Biafra, Bavière, Transkei, etc.). D’autres encore se concentrent sur les timbres émis sous les règnes de certains monarques (comme la reine Victoria, le roi Baudoin de Belgique, la reine Julianna des Pays-Bas, etc.).
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Par période historique – La création d’une collection de timbres axée sur une période historique te permettra de dépasser les frontières nationales. Au Royaume-Uni, par exemple, une image de la reine Elizabeth II orne la plupart des timbres émis durant son règne. Son image est aussi représentée sur de nombreux timbres du Commonwealth, dont
plusieurs du Canada. D’autres pays utilisent différentes façons de définir certaines périodes historiques et en choisissant de te concentrer sur un événement ou une période historique bien connue (une guerre, les colonies outre-mer d’un pays, etc.) tu pourras collectionner des timbres du monde entier, mais dans le contexte d’un thème.


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Par sujet – Si tu t’intéresses déjà à un sujet en particulier (papillons, dinosaures, sports, avions, arbres, bateaux, oiseaux, scoutisme, etc.), tu pourrais te concentrer sur la recherche de timbres qui reflètent tes intérêts actuels. Cela te permettra de collectionner des timbres de différents pays tout en te concentrant sur un thème qui t’intéresse.
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Par forme – Certains collectionneurs se limitent aux timbres ayant une forme particulière et créent ainsi une collection de timbres qui ne sont pas rectangulaires.

Collectionner les timbres,
est-ce que cela va me coûter cher?
Une autre excellente question! Il est possible de devenir philatéliste sans dépenser une somme importante. Comme discuté dans mon article précédent, il te faudra quelques outils pour démarrer, mais même cela ne coûte pas cher. Créer une collection de timbres intéressante à très peu de frais est certainement possible. Toutefois, il serait peut-être sage de te définir un petit budget…
Si ton budget est relativement petit, tu pourras tout de même commencer à collectionner les timbres de faibles valeurs. Beaucoup de gens pensent que les timbres anciens coûtent cher… Souvent, ce n’est pas le cas. Puisque, autrefois, la plupart des pays n’émettaient pas régulièrement de nouveaux timbres chaque année, ils produisaient plusieurs millions d’exemplaires du même timbre afin que les réserves puissent leur durer pendant plusieurs années. Par exemple, certains timbres canadiens à l’effigie de la reine Victoria ne valent pas grand-chose malgré le fait qu’ils ont été émis en 1898. Ces timbres sont donc relativement faciles à trouver et ne coûtent pas cher. Par contre, les timbres de grande valeur de cette époque peuvent coûter assez cher vu le faible nombre de timbres émis.
La plupart des collectionneurs ne collectionnent pas les timbres dans le but de faire un investissement, ils le font pour le plaisir. Par contre, si votre motivation principale est d’éventuellement récupérer vos dépenses, vous serez mieux servi par l’achat de timbres plus rares et donc plus onéreux. La demande de timbres de grande valeur et de grande qualité d’avant 1950 peut souvent dépasser l’offre et conduire à des prix exorbitants!
Règle générale, la philatélie est un passe-temps peu coûteux. Il est facile de se dénicher des timbres qui répondent à nos intérêts sans devoir briser sa tirelire…
Comment me procurer des timbres?
Tant d’excellentes questions! Il y a de nombreuses façons d’obtenir des timbres…
Paquets de timbres – La plupart des magasins de timbres offrent des paquets de timbres soit par pays ou par thèmes. Ces paquets sont un moyen très abordable d’obtenir des centaines de timbres pour bien démarrer une nouvelle collection. Toutefois, assure-toi que le paquet que tu désires acheter indique bel et bien que les timbres sont « tous différents ». S’il n’y a pas de magasin de timbres dans votre ville ou région, ces derniers sont souvent en vente par l’entremise d’un club de philatélistes local, dans des marchés aux puces et en ligne.
Timbres usagés – N’hésite pas de demander à tes amis, aux membres de ta famille, à des personnes qui travaillent dans des bureaux de te garder les timbres qu’ils reçoivent par la poste. Les envois par courriel ont grandement contribué à diminuer le nombre d’envois postaux, mais les envois par la poste se font toujours même si c’est moins courant. La plupart de mes amis savent que je collectionne les timbres et me les gardent…

Nouvelles émissions postales – Le Canada, comme presque tous les pays, émet régulièrement de nouveaux timbres définitifs et commémoratifs. Il est possible de t’inscrire et de commander les nouveaux timbres émis par le ou les pays qui t’intéressent.
Échanges de timbres – Ceci est ma façon préférée d’obtenir de nouveaux timbres. Une fois que tu as des timbres en double, tu peux les échanger avec d’autres collectionneurs. Sur Internet, tu trouveras des dizaines de sites axés sur les échanges de timbres. Tu pourrais, par exemple, envoyer une centaine de timbres différents du Canada afin d’en obtenir le même nombre d’un autre pays…
Clubs de philatélistes – Les collectionneurs passionnés se rencontrent souvent mensuellement pour échanger des timbres, partager des conseils et discuter en long et en large de philatélie. Toutefois, vu la réalité que nous impose la COVID-19, la plupart de ces clubs sont en pause.
Ventes aux enchères – Ceci nécessitera possiblement un budget un peu plus important. Les collectionneurs chevronnés et les amateurs passionnés apprécient la possibilité de miser dans des ventes aux enchères pour des timbres qu’ils désirent acquérir. Le site Internet eBay est excellent et offre de nombreuses enchères philatéliques.
Histoire de timbres émis
par des entités disparues
Depuis les débuts de cette chronique, je te donne essentiellement de l’information générale sur la philatélie. Que dirais-tu si je changeais un peu de cap, du moins temporairement, afin de te parler de timbres de ma collection? Plus précisément, aujourd’hui j’aimerais te parler de timbres émis par des entités postales qui n’existent plus…
Lorsque j’ai commencé à collectionner les timbres, il y a belle lurette, j’avais décidé d'avoir au moins un timbre pour chaque pays. Étant novice à l’époque, je n’avais pas réalisé que cela n’était pas si facile que cela… En effet, tous les pays qui existent présentement ont tout un chacun une histoire qui a été influencée par toute une panoplie de facteurs : les guerres, les grands empires, la colonisation et même, dans certains cas, les ravages de dame Nature. De nombreux pays actuels sont composés d’anciens pays ou de provinces qui y ont été incorporés souvent par la force.
D’autres pays, une fois l’indépendance acquise, ont soit changé de nom (le Dahomey est devenu le Bénin, par exemple) tandis que d’autres se sont amalgamés à leur voisin (le Cameroun britannique s’est joint au Cameroun francophone, source d’un récent litige dans ce pays). Pour d’autres pays, c’est le contraire. Autrefois indépendants, ils sont devenus de simples provinces de pays plus puissants. D’autres entités postales n’étaient pas vraiment des pays (Zone du canal de Panama, Compagnie du Mozambique), mais leurs timbres étaient tout de même reconnus par l’Union postale universelle, agence des Nations Unies dont les bureaux sont situés à Berne en Suisse. La Compagnie du Mozambique, même si elle opérait en territoire portugais au Mozambique, était en fait gérée par des intérêts britanniques et néerlandais.
Pour moi, l’attrait des timbres a toujours été les bribes d’histoire qu’ils reflètent. La Grande-Bretagne a émis le premier timbre en 1840, et cette nouvelle forme d’affranchissement prépayé ne tarda pas à remporter un retentissant succès mondial en unissant tous les coins du monde. La Grande-Bretagne, grande puissance coloniale du 19e siècle, ne tarda pas à émettre des timbres pour chacune de ses colonies, car elle avait rapidement réalisé que des services postaux étaient une nouvelle façon d’exercer et de maintenir un contrôle sur ses colonies. Cette initiative ne tarda pas à être imitée par les autres puissances coloniales de l’époque : Espagne, France, Portugal, Pays-Bas, Belgique, Danemark, Russie, Turquie et Allemagne.
Si, comme moi, tu es un adepte de l’histoire, tu sais certainement que durant le 19e siècle, les guerres et les différends frontaliers nationaux étaient fréquents et qu’il était commun de voir non seulement des gouvernements, mais aussi des pays entiers disparaître. Suite au traité de Berlin en 1885, l’Afrique est devenue le centre d’une grande partie des efforts de colonisation. Le morcellement de ce continent explique, du moins en partie, le fait qu’il y a autant d’anciens pays émetteurs de timbres que de pays actuels.
L’histoire de la Russie est remplie d’anciennes entités postales qui n’existent plus. Après la révolution bolchevik de 1917 et jusqu’au début de la Deuxième Guerre mondiale, de nombreux pays ont perdu leur lutte pour l’indépendance et ont été incorporés de force à l’Union soviétique. Toutefois, lors de l’effondrement de l’URSS en 1991, certains d’entre eux dont, entre autres, la Lituanie, la Lettonie, l’Arménie, l’Estonie, l’Ukraine et l’Azerbaïdjan ont pu retrouver leur indépendance et se sont remis à émettre des timbres. Ce qui est intéressant avec l’histoire russe est que des unités militaires dissidentes se sont établies en tant que gouvernements et ont aussi émis des timbres. Certains de ces timbres peuvent coûter assez cher, mais il est important de noter qu’il existe de nombreuses contrefaçons avec de fausses surimpressions.

Parmi les provinces canadiennes, la Colombie-Britannique, Terre-Neuve-et-Labrador, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard, en tant que colonies séparées, ont toutes émis leurs propres timbres au 19e siècle, et même jusqu’en 1949 pour Terre-Neuve-et-Labrador, date de son entrée dans la Confédération canadienne. Je continuerai à te parler des timbres émis par des entités disparues le mois prochain. D’ici là, porte-toi bien et sois prudent!

D’autres noms te sont peut-être moins familiers : Biafra (province sécessionniste du Nigéria qui a émis des timbres de 1967 à 1970), Labuan (autrefois une colonie britannique séparée qui fut rattachée à ce qui deviendrait éventuellement la Malaisie), Tannou-Tuva (ancienne République socialiste située au nord-ouest de la Mongolie de 1921 à 1944), la Cyrénaïque (colonie italienne située le long des côtes de la Libye actuelle), Fiume (état indépendant de 1920 à 1924 situé en Croatie actuelle) et Obock (ancienne colonie française, essentiellement une parcelle d’oasis entourée de désert, faisant maintenant partie de la République de Djibouti).



Le Sultanat de Upper Yafa a émis des timbres en 1967 — la même année où il a été aboli — et ce, même s’il n’avait pas de système postal fonctionnel.

Toutes ces nations ou entités postales perdues ont des histoires à raconter. La brève histoire de la Carélie orientale est particulièrement intéressante. La Carélie orientale, qui n’a duré que quelques semaines pendant la guerre soviétique-finlandaise en 1922, a émis un timbre représentant un ours rugissant sous les aurores boréales. Ce timbre ciblait la célébration de l’identité nationale finlandaise et a été une déclaration provocante par les séparatistes de la Carélie orientale envers les Soviétiques.
Une histoire plus longuement établie est celle de l’État libre d’Orange, une République boer en Afrique du Sud qui célébrait ses cinquante ans d’existence en tant qu’État indépendant vers la fin des années 1800.
Le Mandchoukouo, un état fantoche créé par le Japon dans le nord-est de la Chine, a existé de 1932 à 1945. Il est surtout reconnu pour les expériences choquantes à l’unité 731, où des milliers de personnes ont été tuées comme cobayes pour la recherche sur les armes biologiques et chimiques. D’autres timbres encore montrent également les horreurs de l’impérialisme ayant souvent conduit à l’établissement de pays éphémères au 19ᵉ siècle et au début du 20ᵉ siècle. Un timbre de 1856 de la Terre de Van Diemen, la célèbre colonie pénitentiaire qui est aujourd’hui l’état australien de la Tasmanie, représente une jeune reine Victoria, liant symboliquement cette terre de confinement à sa lointaine puissance coloniale. Souvent, les timbres émis par d'anciennes colonies soulignent la pompe et la gloire du pays colonisateur; ce fut le cas avec le Cap Juby (petite colonie espagnole située entre le Maroc et le Sahara espagnol). En 1919, ses timbres ont été imprimés à partir de timbres espagnols invendus de 1872, représentant une couronne rouge royale.

Beaucoup de touristes aiment se rendre à Hawaii. Peut-être y es-tu déjà allé en vacances, toi aussi? Par contre, peu de gens savent que cet état américain était autrefois un royaume indépendant jusqu’en 1893, un gouvernement provisoire en 1894, une république indépendante jusqu’en 1898, et un territoire américain outre-mer de 1898 jusqu’en 1959, date à laquelle Hawaii est devenue un état américain. Sanford Dole, le fondateur de la compagnie Dole, plus grand producteur d’ananas au monde, avait joué un rôle important dans le renversement de la dernière reine de la dynastie hawaiienne.



Avec les dernières élections américaines, la possibilité d’une nouvelle guerre civile a parfois été soulevée. La guerre de Sécession fut une guerre civile aux États-Unis de 1861 à 1865, menée entre les États du Nord loyaux à l’Union et les États du Sud qui avaient fait sécession pour former les États confédérés d’Amérique. Pendant la guerre civile, les 11 États du Sud qui ont fait sécession des États-Unis et formé les États confédérés d’Amérique ont utilisé des timbres distinctifs représentant leur propre président, Jefferson Davis, ainsi que George Washington et d’autres politiciens. Ces timbres, relativement rares, ont acquis une valeur assez importante. Toutefois, il faut faire très attention, car il existe de nombreuses contrefaçons.

L’île de Clipperton est un atoll corallien inhabité situé dans l’est de l’océan Pacifique, au large du Mexique. Cet atoll perdu est à 10 677 km de Paris, en France, à 5 400 km de Papeete, à Tahiti, et à 1 080 km du Mexique. C’est une possession française, administrée sous l’autorité directe du ministère des Outre-mer. L’île est surtout reconnue pour ses gisements de guano qui attirèrent au fil des ans plusieurs compagnies américaines. Basée à San Francisco, l’Oceanic Phosphate Company, grande productrice d’engrais, s’installa à Clipperton de 1893 à 1897. Afin de faciliter les envois postaux, la compagnie émet une série de timbres composée de dix valeurs dans six conceptions différentes. Aucune devise n’est indiquée, sauf pour la valeur la plus élevée identifiée comme étant « 1 $ ». Puisque l’on peut se douter que la devise est le dollar américain, les autres chiffres sont donc des cents. Ces timbres ne pouvaient être utilisés que pour le courrier allant de Clipperton vers la Californie et il fallait alors rajouter des timbres américains si le courrier devait poursuivre sa route vers une autre destination. Ces timbres ont aussi acquis une valeur importante et je me considère chanceux d’en avoir dans ma collection!
En explorant les timbres et les cartes de ces pays, tu revivras l’histoire fascinante de ces nations aujourd’hui disparues. Tu découvriras des sagas intéressantes, certaines charmantes, d’autres amusantes, et d’autres beaucoup plus sombres. Certains de ces endroits ne sont plus que des curiosités historiques, tandis que d’autres sont encore au cœur des conflits contemporains. Les timbres fournissent parfois la seule preuve concrète que ces pays ou entités postales ont existé.
Les timbres du royaume des Sedangs
Dans cette édition, j’aimerais continuer à te parler de l’histoire fascinante des timbres et, plus particulièrement, de ceux émis par le royaume des Sedangs. Quoi? Tu n’as jamais entendu parler du royaume des Sedangs? Et pourtant, il y a une connexion canadienne intéressante…
Le royaume des Sedangs intrigue les historiens et les philatélistes depuis sa création en 1888. Sa fondation remonte à l’époque des grandes aventures coloniales, soit la fin du 19 ͤ siècle.
Le 19ᵉ siècle a été l’ère par excellence de l’exploration et de l’impérialisme colonisateur européen. La conférence de Berlin en 1884-1885 avait régi la colonisation européenne en Afrique, du moins pour le prochain quart de siècle. Cependant, lors de cette conférence, rien n’avait été décidé pour le reste du monde laissant ainsi de vastes territoires à la merci des empires européens.
Pendant que les grandes puissances européennes agrandissaient leurs empires, de nombreux aventuriers ont essayé de construire leurs propres pays en Asie, en Amérique du Sud et en Océanie. Le plus célèbre de ces aventuriers a incontestablement été James Brooke qui, après avoir aidé le sultan du Brunei à maîtriser une révolte, reçut le titre de Rajah de Sarawak en 1841. La famille Brooke gouverna leur principauté jusqu’en 1946. Un autre aventurier du nom d’Orélie-Antoine de Tounens, un avocat français, unifia la Nation mapuche d’Araucania en Amérique du Sud avant d’y fonder le royaume d’Araucania et de Patagonie en 1860. Le roi Orélie-Antoine 1 ͤ ʳ a été capturé et exilé par le gouvernement chilien, mais il y aurait toujours des descendants royalistes qui prétendent toujours à ce trône latino-américain.
Le royaume des Sedangs a été fondé par un autre aventurier français : Charles-Marie David de Mayréna. Né à Toulon, Mayréna était un militaire vétéran de la guerre franco-prussienne poursuivi par la justice française pour détournement de fonds. Il quitte la France pour l’île de Java, alors possession néerlandaise dans ce qui est aujourd’hui, l’Indonésie. Il en est exilé l’année suivante pour avoir appuyé une révolte contre le gouvernement néerlandais. Après un court retour en France, il repart pour l’Asie du Sud-Est, cette fois en direction de l’Indochine française. En 1888, le roi du Siam (Thaïlande actuelle) convoitait les hautes terres situées à l’ouest du territoire revendiqué par la France. Mayréna n’hésita pas à offrir ses services afin de mener une expédition dans le but de négocier des traités avec les peuplades vivant dans les hautes terres centrales d’Indochine (Vietnam). Cependant, une fois sur place, il annonce que ces peuples ne sont pas des vassaux de la France et qu’ils ont donc le droit de créer leur propre royaume. Le royaume des Sedangs a été fondé par les chefs des tribus indépendantes Bahnar, Rengao et Sedang dans le village de Kon Gung le 3 juin 1888 avec Mayréna comme monarque. Ce dernier ne tarda pas à assumer le titre de Marie 1 ͤ ʳ, roi des Sedangs et d’installer sa capitale à Pelei Agna (ville de Kon Tum actuelle). Couronné, il se déplace à Annam, à Hong Kong et en Europe afin d’obtenir du financement et des ressources humaines pour bâtir son nouveau royaume. Afin de briser la glace avec ses nombreux interlocuteurs, des titres de noblesse, des ordres de chevalerie et des médailles furent décernés de part et d’autre. Et, comme tout bon pays qui se respecte, le royaume des Sedangs ne tarda pas à émettre ses propres timbres!
Le 6 juin 1889, un décret royal annonce l’émission d’une série de timbres. Certains ont été oblitérés avec la date d’émission et le nom de la capitale Pelei Agna. Un doute plane quant à l’utilisation de ces timbres à des fins postales et, conséquemment, ils ne se retrouvent ni dans le catalogue Scott ni dans le catalogue Gibbons. Même s’ils n’ont peut-être pas été utilisés pour affranchir des envois postaux, de nombreux philatélistes maintiennent que ces timbres sont des timbres postaux authentiques. Pour défendre leur argument, ces philatélistes soutiennent qu’il existe de nombreux timbres-poste qui n’ont jamais été utilisés à des fins postales, mais qui sont tout de même répertoriés dans les catalogues ci-haut mentionnés. Il est vrai que plusieurs républiques ex-soviétiques et de nombreuses anciennes colonies ont aussi émis des timbres qui n’ont jamais orné de lettres…
Lors d’un voyage de retour vers son royaume des Sedangs, Charles-Marie David de Mayréna, son excellence Marie 1 ͤ ʳ, mourut le 11 novembre 1890 à Tioman en Malaisie. Un mystère entourant sa mort perdure : était-ce un empoisonnement sous l’ordre du gouvernement français ou une morsure de serpent venimeux? Nul ne le sait. Peu après, la France envahit le royaume des Sedangs et son état voisin, l’Empire d’Annam. Puisque le roi Marie 1er mourut sans héritier ou successeur et qu’il n’y avait pas d’intérêt à en revendiquer le titre de la part de sa famille en France, la noblesse Sedang cessa d’exercer ses droits et privilèges.
Au début de cette histoire, je t’avais mentionné qu’il y avait une connexion canadienne intéressante. J’y arrive.
La mort d’un monarque ne provoque pas nécessairement la disparition de sa cour de noblesse. Par conséquent, la noblesse du royaume des Sedangs semble s’être poursuivie au fil des ans et, récemment, a été relancée et a recommencé à exercer ses droits et privilèges. Tu sais peut-être déjà qu’il existe de nombreuses lignées royales qui, même si elles ne sont plus officiellement reconnues par leur pays d’origine et qu’elles ont peu de chances d’être restaurées, poursuivent leurs histoires et leurs descendances. Les familles royales de France, de Grèce, de Bulgarie, d’Égypte, d’Iran, de Pologne, etc. utilisent encore des titres de noblesse et de privilèges (tels que les armoiries) à des fins culturelles, historiques et cérémoniales. C’est ainsi que les peuples et groupes ethniques de l’ancien royaume des Sedangs, certains ayant reçu des titres officiels, ont commencé à revendiquer le droit de voir leurs représentants et descendants poursuivre les institutions de l’État en exil. Oui, oui, je sais… la connexion canadienne…
Certaines personnes apparentées aux tribus et aux groupes ethniques des dirigeants et de la noblesse Sedang ont proclamé le renouveau de la cour de noblesse Sedang. Ainsi, l’une des grandes institutions de la monarchie du Sedang a été relancée. Puisque certains ressortissants descendant de la noblesse du royaume des Sedangs se trouvaient parmi les réfugiés de la mer accueillis par le Canada dès 1979, c’est à Montréal, le 2 novembre 1995, que fut fondée l’Assemblée pour la restauration de la noblesse Sedang. L’Assemblée a été rebaptisée « Assemblée royaliste du Sedang » et a adopté une nouvelle Constitution de la Régence en 1998.
Quelques nouveaux timbres du royaume des Sedangs ont été émis en 1996, soit 107 ans après la première série. Toutefois, à l’encontre de la première série, ceux-ci ne se retrouveront jamais dans un catalogue philatélique, car ils n’ont pas été émis par une entité territoriale à des fins postales. Ce sont uniquement des timbres de propagande que l’on appelle des timbres de Cendrillon (Cinderellas)…
Les « autres » timbres
Dans ma dernière rubrique sur les timbres du royaume des Sedangs, tu te souviens peut-être, dans le dernier paragraphe, j’avais parlé de timbres
« Cendrillon ». En philatélie, la définition de ce qu’est un timbre Cendrillon est assez vaste; c’est pratiquement tout ce qui ressemble à un timbre-poste, mais qui n'est pas émis à des fins postales par une administration postale gouvernementale. En tant que philatéliste, tu te dois de connaître et comprendre la différence.
Il existe donc une énorme variété de timbres Cendrillon, tels que ceux imprimés à des fins promotionnelles par les entreprises, les églises, les groupes politiques ou divers organismes à but non lucratif. Selon le site Web du Cinderella Stamp Club (www.cinderellastampclub.org.uk), les timbres Cendrillon peuvent comprendre des timbres locaux, des timbres télégraphiques, des timbres ferroviaires, des timbres de revenus fiscaux, des sceaux de Noël, de la Croix-Rouge, de la tuberculose et d'autres œuvres de bienfaisance, des étiquettes d'enregistrement, des timbres de passeports, des étiquettes de publicité, des timbres de micronations, etc.
La philatélie de Cendrillon est très large et comprend également des étiquettes et des timbres émis par les gouvernements et produits par le secteur privé. Les timbres Cendrillon ne figurent normalement pas dans les principaux catalogues de timbres, bien que certains timbres ferroviaires et télégraphiques ainsi que certaines étiquettes de charité et timbres fiscaux figurent parfois en annexe.
Il fut une époque où les philatélistes qui collectionnent les timbres Cendrillon n'étaient pas autorisés à participer aux expositions de timbres. Quoique cela a un peu changé depuis une trentaine d’années, de nombreux philatélistes continuent à faire la fine bouche en ce qui concerne les timbres Cendrillons. Les collectionneurs de timbres puristes considèrent que ces timbres n’ont pas leur place dans la philatélie parce qu'il y en a trop et qu’ils ne sont pas faciles à cataloguer. Mais rien ne peut enlever la beauté des timbres Cendrillon. Leurs dessins sont souvent plus élaborés que les timbres postaux réguliers.
C’est ce que j’aime avec la philatélie, il y en a pour tous les goûts. Moi, je ne collectionne que certaines variétés de timbres Cendrillons. J’apprécie particulièrement les timbres fiscaux et les timbres juridiques. Pour les timbres juridiques canadiens, ce qui est intéressant est de pouvoir collectionner ces timbres par province et territoire.



Je collectionne aussi les timbres d’impôt sur le tabac. Autrefois, ces timbres se trouvaient sur les paquets de cigarettes.


Ou encore les timbres de frais de douanes…

D’autres timbres non utilisés à des fins postales comprennent les timbres ferroviaires, télégraphiques et de services aériens. Les timbres ferroviaires ou de chemins de fer étaient autrefois apposés sur les enveloppes et colis qui étaient transportés par train. Aujourd’hui, ces timbres ne sont plus utilisés quoique certaines compagnies de trains touristiques en émettent toujours pour les touristes. Les timbres ferroviaires de certains pays (Belgique, France) se retrouvent dans les catalogues, car ils étaient utilisés pour affranchir le courrier transporté par train.
Les micronations
Les timbres Cendrillons comprennent aussi des timbres qui sont créés par des micronations. Une micronation est une entité politique dont les membres affirment appartenir à une nation indépendante ou à un État souverain, mais dont la souveraineté n’est pas reconnue par la communauté internationale (macronations). Il est important de ne pas confondre micronation et micro-État. Par exemple, le Vatican et l’île Pitcairn sont des micro-États parce qu’ils sont petits; toutefois, ils profitent d’une reconnaissance internationale.
Les micronations sont généralement la création d’un seul individu. Tu te demandes pourquoi quelqu’un voudrait créer son propre pays? Ces personnes sont souvent philatélistes, ont une appréciation de l’histoire, de la géographie et de la politique, et ont un penchant pour la création artistique. Les dirigeants autonomes de ces nations ont le pouvoir de fixer des lois et des impôts, de contrôler qui entre sur leur territoire et peuvent décerner des titres honorifiques à leurs amis et à leur famille. Ce qui rend les micronations intéressantes est qu’elles émettent parfois des timbres et de la monnaie. Ces timbres ne peuvent pas être utilisés pour affranchir du courrier et ne se retrouveront jamais dans un catalogue philatélique. La valeur de ces timbres se limite à la promotion des États qui les ont émis.
Voici quelques exemples de micronations :
Sealand - une forteresse de la mer du Nord - a été construite par le gouvernement britannique durant la Deuxième Guerre mondiale. Après la guerre, la forteresse fut abandonnée et puisqu’elle se trouvait en eaux internationales, elle est devenue un territoire extranational. Le 24 décembre 1966, Roy Bates, ancien soldat, y installe une radio « pirate » et en revendique la souveraineté en tant que pays indépendant et le baptise Sealand.
Créée en 1970 par le «Prince» Leonard George Casley afin de protester contre les quotas gouvernementaux imposés sur la production de blé, la principauté de Hutt River est la plus ancienne micronation d'Australie. Située sur une parcelle de terrain de 18 500 acres au nord de Perth dans l’ouest de l’Australie, la principauté est connue pour ses fleurs sauvages et ses nombreuses pièces de monnaie. En 2004, le gouvernement de Hutt River a commencé à accepter des enregistrements de sociétés, faisant de la principauté un paradis fiscal pour les entreprises internationales, et ce même si elle n'est toujours pas reconnue par le gouvernement australien.


Le Duché de Montbeau est une micronation située en Alberta et créée en 2013. Gouvernée par le Grand-Duc Fernando Dominico, le Duché de Montbeau est une micronation associée à la Micro-Francophonie (organisation des micronations francophones). Le duché émet ses propres timbres qui se vendent un peu partout à l’échelle mondiale



J’attire plus particulièrement ton attention sur cette dernière micronation, car c’est la mienne. Le nom du duché reflète la ville de Beaumont où j’habite. Le territoire occupé par le duché est essentiellement ma maison et ma cour arrière. Le Duché de Montbeau entretient des relations diplomatiques avec plus d’une vingtaine d’autres micronations éparpillées un peu partout sur la planète.
Et voilà, c’est tout pour cette fois. Comme tu peux voir, il y a énormément de facettes à ce formidable passe-temps qu’est la philatélie… À bientôt!
L’Ordre souverain militaire de Malte
Bonjour à toi ô jeune collectionneur de timbres! Comme de nombreux philatélistes, j’ai un grand intérêt pour l’Histoire qui a été stimulé et alimenté par d’innombrables lectures (j’ai accumulé plus de 500 livres d’histoire, un vrai capharnaüm de livres comme dit mon épouse…). Cet intérêt pour l’Histoire a aussi engendré, du moins en partie, mon intérêt pour les timbres…
Je lis aussi de nombreux romans à saveur historique. Un de ceux que j’ai adorés était Da Vinci Code, un roman écrit par l'Américain Dan Brown. Peut-être l’as-tu lu toi aussi? Je ne ferai pas un résumé du livre, mais, essentiellement, le héros du livre, Robert Langdon, est accusé du meurtre d’un membre d’une ancienne et puissante confrérie : le Prieuré de Sion. Au fil du roman, le lecteur apprend que le meurtre a en fait été accompli par un membre d’une autre confrérie : l'Opus Dei. Quoique cette histoire est évidemment fictive, les références à l'Opus Dei et au Prieuré de Sion, elles, baignent bel et bien dans l’Histoire… et, bien sûr, il y a un lien intéressant avec la philatélie…!
Au cours de l’Histoire, mais surtout au Moyen-Âge, il y a eu de nombreuses confréries. La mieux connue est l’Ordre du Temple ou les Templiers sur laquelle beaucoup a été écrit. Les Chevaliers teutoniques (Teutonic Knights) sont une autre confrérie du Moyen-Âge qui a perduré jusqu’au début du 20ᵉ siècle en tant que propriétaires de terres dans les pays baltiques (et ils ont aussi émis des timbres…).
La confrérie qui a surtout retenu mon attention et qui a un lien beaucoup plus direct avec la philatélie est l’Ordre souverain militaire de Malte (Sovereign Military Order of Malta – SMOM).
Voici un petit cours d’histoire… Aussi connue comme l’Ordre des Chevaliers Hospitaliers, la naissance de l’ordre remonte à 1048. Les marchands de l’ancienne République marine d’Amalfi avaient alors obtenu du calife d’Égypte l’autorisation de construire une église, un couvent et un hôpital à Jérusalem, pour s’occuper des pèlerins de toutes fois religieuses. L’Ordre de Saint‑Jean de Jérusalem – la communauté monastique qui dirigeait l’hôpital pour les pèlerins en Terre sainte – est devenu indépendant sous la direction de son fondateur, le frère religieux Gérard. Le 15 février 1113, le pape Pascal II approuve la fondation de l’hôpital et la place sous l’égide du Saint-Siège, lui accordant le droit d’élire ses propres supérieurs sans ingérence d’autres autorités laïques ou religieuses. Grâce à cette décision ou bulle papale, l’hôpital est devenu un ordre qui n’était plus sous le contrôle de l’église locale. Pour être membres de l’ordre, tous les chevaliers devaient être religieux, liés par trois vœux : pauvreté, chasteté et obéissance.
Lors des grandes croisades chrétiennes du Moyen-Âge, l’ordre se vit obligé de prendre en compte non seulement la défense militaire des malades, mais aussi celles des pèlerins et des territoires capturés. L’ordre ajoutait ainsi la tâche de défendre la foi à celle de sa mission hospitalière.
Lorsque le dernier bastion chrétien en Terre sainte tomba après le siège d’Acre en 1291, l’ordre s’installa d’abord à Chypre et se relocalisa ensuite sur l’île de Rhodes en 1310. En 1523, après six mois de siège et de combats acharnés contre la flotte et l’armée du sultan Suleiman le Magnifique, les chevaliers furent forcés de se rendre et de quitter l’île de Rhodes. En 1530, ils s’établirent à Malte. En 1798, Napoléon Bonaparte occupe l’île de Malte pour sa valeur stratégique pendant sa campagne égyptienne. En raison d’une règle de l’ordre leur interdisant de lever des armes contre d’autres chrétiens, les chevaliers de l’ordre ont été forcés de quitter Malte. Bien que les droits souverains de l’ordre sur l’île de Malte aient été réaffirmés par le Traité d’Amiens (1802), l’ordre n’a jamais pu retourner à Malte. Après avoir résidé temporairement à Messine, à Catane et à Ferrare, l’Ordre militaire souverain de Malte s’installe définitivement à Rome, où il possède, outre un statut extraterritorial, le Palais Magistral de la Via Condotti 68 et la Villa Magistrale sur la colline de l’Aventin. L’ordre s’y trouve toujours aujourd’hui.
Compte tenu de ses circonstances actuelles inhabituelles, le statut en droit international de l’Ordre souverain militaire de Malte a fait l’objet d’un certain débat puisque ce dernier prétend être un exemple d’une entité souveraine qui n’est pas un État proprement dit. Certains juristes internationaux ont expliqué qu’une entité souveraine n’a pas besoin d’être un pays, et que l’Ordre militaire souverain de Malte en est un parfait exemple. Cette pensée semble être soutenue par un certain nombre de pays qui ont établi des relations diplomatiques avec l’Ordre militaire souverain de Malte. Ce dernier entretient de telles relations avec 104 États ainsi que des relations semi-officielles avec six autres pays. De plus, l’ordre est reconnu par la Communauté européenne, le Comité international de la Croix-Rouge et par un nombre grandissant d’organismes internationaux. J’arrive au lien avec la philatélie!
Le SMOM délivre ses propres passeports, produit sa propre monnaie et émet des timbres. Le 20 mai 1966, une administration postale appelée Poste Magistrali a été créée pour l’ordre et ses premiers timbres ont été émis le 15 novembre de la même année. Malheureusement, des accords postaux n’ont été conclus qu’avec seulement une cinquantaine de pays qui autorisent l’envoi du courrier de l’ordre, à condition qu’il soit posté et affranchi à la Poste magistrale de la Via Bocca di Leone 68 située à Rome. Le Canada n’a pas conclu un tel accord avec l’Ordre militaire souverain de Malte. De plus, l’ordre n’est pas membre de l’Union postale universelle (institution des Nations unies qui favorise le développement et la coopération des différents systèmes postaux à l’échelle mondiale). En conséquence, de nombreux catalogues philatéliques considèrent les timbres émis par l’ordre comme étant soit des timbres Cendrillons ou des timbres-poste locaux et ne les énumèrent tout simplement pas. En fait, les deux seuls grands catalogues dans lesquels j’ai trouvé les timbres de l’ordre (SMOM) sont le catalogue italien Unificato et le catalogue français Yvert et Tellier.
Jusqu’en 2005, les timbres du SMOM reflétaient les Scudi, Grani et Tari, la monnaie de l’ordre, qui équivalait à peu près à l’ancienne devise de Malte avant qu’elle ne rejoigne la zone euro : 1 scudo = 12 tari = 240 grani = 12 cents maltais. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2005, les timbres sont libellés en euros. Les timbres comportent tous l’inscription Poste Magistrali et affichent tous une ou plusieurs petites croix maltaises.
Si tu trouves que les timbres du SMOM ressemblent beaucoup aux timbres du Vatican, de Saint-Marin (San Marino) ou de l’Italie, tu as raison! Les premiers timbres du SMOM ont été imprimés chez De La Rue, une célèbre compagnie qui a imprimé des timbres de nombreux pays. Toutefois, aujourd’hui les timbres du SMOM sont imprimés par diverses compagnies maltaises et italiennes. En plus des timbres-poste, le SMOM produit des aérogrammes, des cartes maximales, des enveloppes premier jour, des feuillets et des cartes postales avec des timbres imprimés. Les timbres du SMOM ne sont pas très dispendieux et sont relativement faciles à obtenir. De quoi obtenir facilement une collection complète!
Collectionner les timbres par thématiques
« Collectionner les timbres par thématiques est une activité tellement divertissante, artistiquement satisfaisante et polyvalente… » (citation du collectionneur thématique James McMeen).
Bonjour à toi ô ami collectionneur de timbres! Un sujet que j’ai déjà abordé dans un article précédent est la possibilité de collectionner les timbres par thématiques. La collection de timbres par thématiques est le processus de recherche et d'organisation de timbres avec un motif ou un thème commun, tels que les animaux (pingouins, insectes, poissons, dinosaures, chiens, etc.), les personnages connus (poètes, peintres, politiciens, rois et reines, etc.) ou des activités (sports, vélo, jeu d'échecs, etc.).






Une thématique de timbres peut également comprendre des symboles tels que des drapeaux, des cartes géographiques, des personnages bibliques tels que des saints et des martyrs ou des événements ponctuels tels que la Coupe du monde de football (ou soccer pour les non-puristes… ☺) ou les Jeux olympiques. Tous ces sujets d'actualité et d’innombrables autres thèmes sont régulièrement représentés sur les timbres émis par de nombreux pays à travers le monde.
Tu te demandes peut-être ce qui pousse les collectionneurs à s'intéresser à un sujet ou à un thème particulier? Les philatélistes, évidemment, aiment les timbres et ont donc tendance à les collectionner. Bien sûr, comme la plupart des gens, les collectionneurs de timbres ont aussi d'autres champs d’intérêt. Collectionner les timbres par thématiques permet de combiner la philatélie avec leurs passe-temps en collectionnant des timbres qui montrent ou dépeignent certains de leurs autres champs d’intérêt.
Depuis l'émission du premier timbre-poste en 1840, les collections de timbres thématiques se sont développées et élargies afin d’inclure de nombreux sujets intéressants allant des plantes aux animaux, des sports, des personnages célèbres, des avions, des bateaux, des voitures, et tout ce que tu peux imaginer!
Le collectionneur individuel peut avoir un chien ou un chat comme animal de compagnie et il est donc intéressé par cette thématique. Peut-être un collectionneur était-il admirateur de la regrettée princesse Diana et c’est ce qui le motive à rechercher des timbres célébrant sa vie. Des fois, un collectionneur est impressionné par un timbre particulier et désire trouver des timbres similaires.
Lorsque j’ai hérité de la collection de mon grand-père, j’ai eu l’occasion de découvrir la beauté des timbres de Tannou Touva, une république semi-indépendante située en Sibérie. Ce pays avait émis de très beaux timbres au fil des années trente dont plusieurs étaient triangulaires; cela m’a donné l’envie de collectionner aussi les timbres à formes autres que rectangulaires. Certains pays, dont plus particulièrement la Sierra Leone, les îles Tonga et le Japon, ont émis des timbres aux formes étranges (bananes, diamants, pièces de monnaie, cocotiers, personnages de bandes dessinées, etc.). De quoi pouvoir se monter une collection thématique intéressante! Généralement, les timbres thématiques sont bon marché, certains timbres reflétant des sujets d’actualité peuvent parfois être assez coûteux dont, entre autres, les timbres de la faune en appui au World Wildlife Fund.



Afin de bien réussir en tant que collectionneur de timbres thématiques, il est évidemment nécessaire de développer une certaine connaissance du sujet afin de pouvoir bien identifier les émissions de timbres qui répondent à tes critères philatéliques. Pas toujours facile d’être à la fine pointe de tous les nombreux timbres émis par tant de pays. Certains collectionneurs de timbres sur la faune visent à avoir au moins un timbre représentant chaque espèce d’animal (rongeurs, cétacés, animaux domestiques, abeilles, requins, etc.) Une bonne connaissance de ces catégories animales contribuera à assurer une collection complète!
Moi, la série qui m’a donné l’envie de collectionner les timbres sur la faune est une série de timbres émis par la Compagnie de Nyassa, une ancienne compagnie portugaise située en Afrique, en 1901. De très beaux timbres!



Il n'y a pas vraiment de bonne ou de mauvaise façon de créer une collection de timbres thématiques. Ta collection peut être aussi étroitement ou aussi largement définie que tu le souhaites, les seules limites étant ton imagination, ton envie d’apprendre et ton plaisir!
Où trouver des timbres de thématiques pour agrandir ta collection? De la même manière que tu trouves des timbres pour toute collection de timbres : amis, parents, voisins, autres collectionneurs, agences philatéliques gouvernementales et magasins de timbres. Toutefois, en temps de pandémie, les marchands de timbres ne sont pas toujours facilement accessibles… Tu peux également consulter eBay, HipStamp, Craigslist et Delcampe ainsi que d'autres sites Web afin de trouver des timbres qui répondent à tes critères de collection.
Je te souhaite des heures de plaisir!
La philatélie, ça ROCK N’ ROLL!!!!
Salut toi!
Cela fait maintenant un an que j’écris des articles sur la philatélie pour Le Nénuphar. Tu dois peut-être te demander si j’ai des champs d'intérêt ou passe-temps autres que les timbres… Eh bien, oui absolument! Je suis musicien, je joue de la guitare depuis une bonne trentaine d’années. J’adore la musique et plus particulièrement le blues. Depuis déjà presque trois ans, j’anime une émission de radio dont le blues forme l’essentiel de la programmation.
Ce qui m’amène à la thématique de mon article philatélique ce mois-ci. Qu’est-ce qui pourrait être plus rock and roll que les timbres? Je veux dire, qu'est-ce qui pourrait ressembler, sans l’être vraiment, à une collection musicale qui répondrait aux attentes d'un collectionneur obsédé par les détails comme je le suis? Réponse simple : démarrer une collection de timbres dont le thème serait la musique… Toutefois, pas n’importe quelle sorte de musique; des timbres sur le rock et le blues!
Je suppose que le courrier postal suivra éventuellement le chemin du dinosaure et du mammouth vers l’univers de l’extinction… Par contre, je dois souligner les efforts démontrés par les services postaux de nombreux pays pour attirer et retenir leurs clientèles de philatélistes. Parmi ces efforts se dégage une volonté de refléter les us et coutumes de notre monde contemporain sur un nombre toujours grandissant de timbres commémoratifs. Et s’il y a bien un élément, parmi d’autres, qui définit notre époque, c’est bien la musique!
Le Canada se joint à une myriade de pays qui commémorent des musiciens sur des timbres-poste. Le Royaume-Uni, les États-Unis, la France, et les républiques du Tchad, de la Tanzanie et de Djibouti ne sont que quelques-unes des entités mondiales dont les enveloppes et les cartes postales sont ornées par des musiciens tels que John Lennon, Janis Joplin, Elvis Presley, Rush, les Rolling Stones, Frank Zappa et Bob Marley.

Quoiqu’ils fussent un peu lents à emboîter le pas en ce qui concerne les timbres à thématique musicale, les États-Unis en ont émis un nombre impressionnant. En 1969, les services postaux américains (US Postal Service) ont souligné pour la première fois la contribution d’un musicien, celle d’un des pères du blues, W. C. Handy, et Fanny Brice fut la première musicienne à se retrouver sur un timbre en 1991.
De 1993 à 1999, plusieurs artistes ont été commémorés par la série « Legends of American Music » qui mettait en vedette Hank Williams, Patsy Cline et la famille Carter. La série « Music Icon », lancée en 2013, mettait en vedette Lydia Mendoza, l'une des premières vedettes de la musique Tejano. D’autres célébrants, Johnny Cash et Ray Charles suivirent peu après. Fier de l'importance acquise par la musique américaine dans la culture populaire du monde entier, le programme américain vise à montrer la diversité des vedettes de la musique de différentes époques et de divers genres. Certains timbres imitent même des pochettes de disques.
Voici quelques-uns des visages de la musique contemporaine qui se retrouvent dans ma collection sur des timbres :








Le Canada n’est pas en manque, nous pouvons aussi nous vanter d'une industrie musicale florissante. En 2009, Postes Canada émettait une série de timbres mettant en vedette Robert Charlebois, Édith Butler, Stompin’ Tom Connors et Bryan Adams. Au fil des ans, la série « Artistes canadiens de la chanson » a aussi célébré les contributions de Bruce Cockburn, les sœurs McGarrigle, Ginette Reno, Robbie Robertson, The Tragically Hip, Rush, The Guess Who et Beau Dommage.


Au Royaume-Uni, dans le cadre de la série « Music Giants » Elton John, David Bowie, Pink Floyd et Queen ont reçu le traitement philatélique. Les albums de Paul McCartney viennent tout juste d’être célébrés avec l’émission d’une série de 12 timbres le 28 mai 2021. Paul McCartney est une icône de la musique populaire des 20ᵉ et 21ᵉ siècles. Il est reconnu par le Guinness World Records comme étant l’auteur-compositeur le plus titré de tous les temps, ayant écrit ou co-écrit 188 disques au Royaume-Uni, dont 91 ont atteint le top 10 et 33 ont atteint le n° 1. Il a reçu plus de 60 disques d'or. Son ancien groupe, The Beatles, a été commémoré par une série de timbres en 2007.
Savais-tu que John Lennon et Freddie Mercury (Queen) étaient des philatélistes?
On se retrouve bientôt!
Les timbres de Spitzberg
Bonjour à toi ô cher ami philatéliste!
Chaque mois, je me creuse les méninges afin de voir ce que je pourrais te partager comme information philatélique… Pas toujours évident de trouver un sujet qui pourrait intéresser un jeune collectionneur de timbres… En philatélie, il est facile de sombrer dans des sujets assez techniques qui ne tarderaient pas à te faire tomber dans les bras de Morphée!
Si tu lis ma chronique depuis ses débuts au sein du magazine Le Nénuphar, tu dois certainement avoir réalisé que j’aime collectionner les timbres qui reflètent des histoires intéressantes. Cette fois, j’aimerais te faire découvrir un bout du monde qui n’appartenait à personne avant 1920!
L’archipel de Spitsberg (ou Svalbard en norvégien) se situe à presque 600 km au nord des côtes de la Norvège. Quoique le Spitsberg a été revendiqué par toute une gamme de pays au fil des siècles (Danemark, Russie, Pays-Bas, Grande-Bretagne, Suède, etc.), elle était en fait une énorme île qui n’appartenait à personne jusqu’en 1920 lorsqu’elle fut cédée par un traité à la Norvège. Cette dernière en prit officiellement possession en l’incorporant à son royaume en 1925. Les plus déçus de cette décision étaient les Néerlandais qui, depuis des siècles, y venaient pour pêcher et chasser la baleine. En fait, le nom « Spitsberg » est néerlandais; toutefois, le nom Svalbard norvégien est de plus en plus utilisé.

Faune de Spitzberg : bœufs musqués
Crédit photo : Paul Kerrien, groenland-nordest.en-photo.fr
Personne ne sait vraiment quand le Spitzberg a été exploré pour la première fois, mais on en retrouve des traces dans des documents islandais de 1194 : « Svalbardi fundin » (Svalbard retrouvé). Puisque les Vikings ont navigué à l'ouest de la Norvège vers le Groenland, l’Islande et l'Amérique du Nord, à l'est jusqu'à la mer Blanche et la Novija Semlja (Novaya Zemlya) en Russie, il est donc extrêmement probable qu’ils connaissaient le Spitzberg et qu’ils s’y étaient peut-être installés. En 1596, deux voiliers hollandais commandés par Jan Corneliszoon Rijpand et Jacob van Heemskerk ont fait une nouvelle tentative pour trouver une route vers la Chine en passant par le nord de l’Europe. Tous deux étaient des capitaines expérimentés, accompagnés d'un homme qui connaissait très bien ces régions, Willem Barents. Au cours de leur voyage, ils purent observer un paysage de montagne qu'ils appelèrent « Het nieuwe land » (la nouvelle terre). La glace les a empêchés de naviguer plus au nord et n’ayant trouvé aucune trace d'habitations humaines, ils revendiquèrent la terre pour la couronne néerlandaise. Van Heemskerk et Barents firent naufrage à Novija Semlja (Novaya Zemlya), où ils ont passé l’hiver jusqu’à ce que Rijp revienne pour les chercher. Toutefois, il était trop tard pour Barents qui est décédé du scorbut. Inutile de dire que la revendication au nom de la couronne hollandaise fut vite oubliée.
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Les îles ont d'abord été utilisées comme bases pour la chasse à la baleine aux 17e et 18ᵉ siècles, après quoi elles ont été abandonnées. L'extraction du charbon a commencé vers la fin du 19ᵉ siècle et plusieurs communautés permanentes y ont été établies. Le traité du Spitzberg de 1920 reconnaît la souveraineté norvégienne et la loi du Svalbard de 1925 a fait du Svalbard une partie à part entière du Royaume de Norvège. Cet acte a également établi le Svalbard en tant que zone économique libre et zone démilitarisée. La société norvégienne Store Norske et la société russe Arktikugol sont les seules compagnies minières toujours actives sur l’île. La recherche scientifique et le tourisme sont depuis devenus d'importantes industries complémentaires. Le Centre universitaire de Svalbard et le Svalbard Global Seed Vault sont deux installations de recherche majeures reconnues mondialement dans le secteur de la recherche polaire. Aucune route ne relie les quelques communautés du Spitzberg; les motoneiges, les avions et les bateaux sont les seuls modes de transport intercommunautaire. L'extrêmement petit aéroport de Svalbard, Longyear, sert de porte d'entrée principale vers le reste de l'Europe.
L'île de Spitzberg a émis quelques timbres locaux de 1896 jusqu’en 1910-1911. Ces timbres locaux ont été imprimés par la compagnie maritime Vesteraalens Dampskibsselskab, qui avait des bureaux sur l'île à Advent Bay. Les premiers timbres, les plus connus, émis en 1896 et portant l'inscription SPIDSBERGEN, se présentaient en deux coupures montrant un ours polaire attaquant un chasseur. D’autres timbres arborant des thèmes similaires furent émis jusqu’en 1911. Ces timbres ne pouvaient être utilisés que localement sur l’île de Spitzberg. Si la destination d’une lettre était la Norvège ou ailleurs en Europe, un timbre norvégien devait être ajouté.


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Au début de 2020, une série de nouveaux timbres dont l’utilisation postale se limite à l’île de Spitzberg ont été émis dans l’espoir d’encourager le tourisme vers l’île… Je suis certain que la pandémie ne faisait pas partie de leur plan…

Les postes norvégiennes envisagent que les timbres de Spitzberg pourraient un jour devenir aussi populaires que ceux d’Åland et ceux des îles Féroé… Je le souhaite…
La Deuxième Guerre mondiale n’a pas épargné Spitzberg malgré son éloignement et son isolement. Lorsque l’Allemagne prit possession de la Norvège, elle prit aussi possession de Spitzberg. Les Allemands ne tardèrent pas à y construire une petite base navale. Les Britanniques avaient aussi construit une base du côté nord de l’île, ce qui fut source de constantes escarmouches. Pour indiquer que Spitzberg faisait bel et bien partie de l’Allemagne, des timbres de propagande furent émis, mais ne furent jamais utilisés ni à Spitzberg ni en Norvège.

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Et pour finir, la Norvège a émis plusieurs séries de timbres sur le Svalbard (Spitzberg)…
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Le Penny Black – le tout premier timbre!
Bonjour ô jeune ami philatéliste!
Aimes-tu les histoires? Je crois que tout le monde apprécie une bonne histoire de temps en temps… Ce mois-ci, si tu es d’accord, j’aimerais te raconter l’histoire du tout premier timbre, le Penny Black…
Le tout premier timbre, un timbre à l’effigie de la reine Victoria, a été émis le 1ᵉʳ mai 1840 et était officiellement disponible aux bureaux de poste britannique cinq jours plus tard. C’est à un directeur d’école du nom de Rowland Hill que nous devons son invention. Ce timbre a été surnommé le « Penny Black », car il était noir et valait un penny… Pas très originaux, les premiers collectionneurs de timbres!

Rowland Hill était un vrai génie! Il dirigeait une école pour laquelle il avait conçu un système de chauffage central, une piscine et un observatoire. Ses compétences n'étaient pas uniquement architecturales et pédagogiques, il était aussi un peintre, un inventeur et un écrivain accompli. Dans l'un de ses écrits intitulé Réforme de la poste : importance et aspect pratique, M. Hill suggérait l'abolition des tarifs postaux et leur remplacement par un tarif national unique d'un penny, qui serait payé par l'expéditeur. En effet, il pensait que pour résoudre les déficits engendrés par l’inefficacité du système des postes britanniques, il était nécessaire que le port du courrier soit payé avant l’envoi.

La légende raconte que Sir Rowland Hill a eu l'idée de son concept postal un jour en regardant une serveuse en larmes plaider avec un facteur. Incapable de payer le shilling exigé pour les frais de port, elle demanda simplement si elle pouvait au moins regarder et tenir dans ses mains la lettre envoyée par son frère bien-aimé. Hill regarda alors la fille parcourir intensément l'enveloppe, comme si elle essayait de lire son contenu mentalement. Ému, il donna un shilling au facteur et donna la lettre à la serveuse. La jeune fille cessa de pleurer et, après le départ du facteur, avoua que la lettre était vierge et que le message de son frère était en fait contenu dans des marques secrètes apposées sur l'enveloppe. Apparemment, le frère et la sœur avaient mis au point un système leur permettant de s'envoyer des messages gratuitement par la poste.
Bien des philatélistes pensent que les services postaux ont été créés lors du lancement du premier timbre; le premier service postal britannique est beaucoup plus vieux que l’époque de l'Angleterre victorienne! En 1680, un entrepreneur du nom de William Dockwra lança un service public qui garantissait la livraison rapide d'une lettre partout à Londres. Son système a été rapidement nationalisé avec M. Dockwra en charge. C'était loin d'être un système parfait.
Avant l’arrivée du Penny Black, le prix de l'envoi d'une lettre variait en fonction de la distance et du nombre de feuilles de papier incluses dans l'enveloppe, ce qui menait à des tarifs souvent erronés et exorbitants qui rendaient l'envoi d'une lettre déraisonnablement coûteux. Les frais de port pouvaient coûter jusqu'à un shilling, ce qui équivalait au salaire quotidien d’un grand nombre de travailleurs. Mais ce qui était vraiment inefficace était que tout le courrier était envoyé en port dû, ce qui signifiait que c’était les destinataires qui devaient payer l’envoi. Comme tu peux l'imaginer, cela posait quelques problèmes : soit les gens s’assuraient de ne pas être à la maison lors de la livraison, soit ils refusaient carrément de payer. Sans parler de la corruption flagrante. Une quantité importante de courrier était donc régulièrement refusée par un nombre grandissant de destinataires. Comme tu vois, l’idée que l’on avait des longues romances d’autrefois qui se perpétuaient via le courrier était un peu inexacte. C’est à se demander combien d’histoires d’amour se sont terminées suite à l’intransigeance de certains (es) amoureux (ses) à ne pas vouloir payer pour le courrier reçu… Le système n'a tout simplement pas fonctionné, mais est resté en place très longtemps.
Par conséquent, des milliers de lettres ont vainement parcouru le monde sans jamais être ouvertes. Certaines de ces lettres non réclamées se retrouvent de nos jours sur eBay! Les membres du Parlement, qui pouvaient envoyer du courrier gratuitement, étaient harcelés par leur famille, leurs amis et leurs connaissances pour qu’ils envoient des lettres en leur nom. Certaines personnes optaient pour des moyens plus subversifs et toutes sortes d’escroqueries pour éviter les frais de port.
Donc l’invention de Sir Rowland Hill (il fut nommé Chevalier par la reine Victoria) remporta un énorme succès! Les lettres envoyées n'importe où dans le pays ne coûtaient qu'un penny, ce qui rendait l'envoi de courrier abordable pour presque tout le monde et offrait aux entreprises britanniques des économies considérables. Le nombre de lettres impayées a chuté de manière si spectaculaire que le bureau de poste a pu rapidement faire des profits considérables.
Il y avait toutefois un problème majeur. Afin de s’assurer que les timbres ne soient pas réutilisés, les agents des postes les ont oblitérés avec un marquage à l'encre orange. Peu de temps après, cependant, la nouvelle s'est répandue que l'encre pouvait être facilement lavée permettant ainsi une réutilisation des timbres. Les postiers sont ensuite passés à l'encre noire qui ne pouvait pas être lavée, mais qui, malheureusement, n’était pas visible sur le Penny Black, un timbre de couleur noire. Après avoir expérimenté différents timbres de couleur (dont certaines des épreuves existent toujours), le Penny Black a été remplacé en 1841 par le Penny Red, un timbre, comme son nom l’indique, de couleur rouge. Ce deuxième timbre pouvait être clairement oblitéré à l'encre noire une fois pour toutes.

Tu supposes peut-être que puisque le Penny Black était le tout premier timbre, il doit avoir une grande valeur. Bof, pas vraiment… Bien que ce soit le premier timbre, il y en a eu plus de 60 millions qui ont été imprimés, et il en existe encore assez pour que le prix reste raisonnable… Il est assez facile à dénicher, j’en ai même quatre exemplaires dans ma collection…
En 1979, de nombreux pays ont émis des timbres pour souligner le centenaire du décès de Sir Rowland Hill.




Les timbres de Saint-Pierre-et-Miquelon
Bonjour ô jeune ami philatéliste!
Ce mois-ci, j’aimerais te parler de la Nouvelle-France, ou du moins ce qui reste de ce vaste territoire ayant autrefois appartenu à la France…
Comme tu l’as certainement appris à l’école, la Nouvelle-France, nom donné aux possessions françaises en Amérique du Nord, comprenait de vastes territoires qui à son apogée, au début du XVIIIᵉ siècle, s'étendaient de Terre-Neuve aux Rocheuses et de la baie d'Hudson au golfe du Mexique! Toutefois, selon les termes du Traité d'Utrecht de 1712 et du Traité de Paris de 1763, toute la Nouvelle-France, à l'exception de la colonie de Saint-Pierre-et-Miquelon, a été cédée à la Grande-Bretagne et à l'Espagne. Donc, Saint-Pierre-et-Miquelon est le dernier vestige de l'ancien empire français en Amérique du Nord…
Saint-Pierre-et-Miquelon, deux petites îles (240 km carrés) dans le nord-ouest de l'océan Atlantique, à 25 km de la côte sud de Terre-Neuve, ont été déclarées possession française en 1536 par Jacques Cartier.
Visitées occasionnellement par des pêcheurs basques et bretons (Miquelon est un nom d’origine basque voulant dire « Grand Michel »), les îles n'ont été officiellement colonisées qu'en 1670, lorsque quatre habitants ont été comptés. La possession des îles fut pendant de longues années un interminable match de ping-pong entre la Grande-Bretagne et la France, pour enfin revenir de façon permanente à la France suite au Traité de Paris de 1763. Malgré cela, les Français ne s’y réinstallèrent qu’en 1816 avec l’arrivée de familles de pêcheurs basques, bretons et normands. Il n’y a pas de doutes que la pêche à la morue était le pilier économique de ce petit avant-poste français.


Les îles de Saint-Pierre-et-Miquelon ne sont pas vraiment un endroit idéal pour la colonisation. Les îles sont rocheuses et stériles, à l'exception d'une mince couche de sol tourbeux et de quelques arbustes de genévrier. La pluie et la neige tombent en moyenne 146 jours par an et les bancs de brouillard se produisent 100 jours par an. Pourtant, les Saint-Pierrais et Miquelonnais sont des gens très fiers de leurs îles…

Au début du 20ᵉ siècle, la pêche était devenue non rentable. D’ailleurs, la pêche à la morue, l'occupation traditionnelle des habitants, a maintenant presque disparu suite à l'épuisement sévère des stocks de poissons. Le même défi a aussi grandement impacté les pêcheries terre-neuviennes.
Petite anecdote intéressante : la prohibition des années 1920 aux États-Unis a grandement contribué à l’économie de Saint-Pierre-et-Miquelon. Entre 1920 et 1933, près de 2 millions de gallons de whisky canadien y ont été « importés ».
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les îles se sont rangées du côté des Français libres (France Libre) du général Charles de Gaulle. Les timbres de Saint-Pierre-et-Miquelon émis durant la Seconde Guerre mondiale comportent une surcharge « France Libre ». Certains comportent aussi une mention supplémentaire : « F.N.F.L. » (qui signifie Forces navales françaises libres). En effet, l'Amirauté britannique ne voulait pas que Saint-Pierre-et-Miquelon soit gouverné par le gouvernement pro-nazi de Vichy (France conquise par les Allemands). La crainte était que les îles deviennent une base pour les sous-marins allemands à l'entrée du Saint-Laurent où ces derniers seraient devenus une grave menace pour les convois faisant la navette entre l'Amérique du Nord et la Grande-Bretagne. Le général de Gaulle a donc été chargé d'envoyer deux petites frégates du port de Saint-Jean, à Terre-Neuve, avec 500 hommes à bord, pour « envahir » Saint-Pierre-et-Miquelon. « L’invasion » a eu lieu la nuit de Noël 1941, sans qu'aucun coup de feu n'ait été tiré, car le seul gendarme sentinelle, en cette nuit brumeuse, avait décidé de rentrer chez lui plus tôt, car il était fatigué et que, selon lui, rien ne briserait la tranquillité habituelle des îles.

En 1958, lorsqu'une nouvelle constitution a été approuvée en France, les habitants de Saint-Pierre-et-Miquelon décidèrent que les îles demeureraient un territoire français d'outre-mer.
Les habitants de Saint-Pierre-et-Miquelon parlent français, bien sûr, mais pas le français canadien. Leurs coutumes et traditions sont plus proches de celles de la France, et la langue parlée est plus proche du français standard. Le nombre d’habitants est d’environ 6 100. Le tourisme, la pêche et l’émission de timbres contribuent à l’économie locale.

Les timbres de Saint-Pierre-et-Miquelon firent leur apparition en 1885, bien que les timbres français et les timbres des colonies françaises aient été utilisés sur le territoire dès 1859. Les nouveaux timbres étaient surchargés « S P M » et la dénomination était en centimes français.

Les émissions de timbres de Saint-Pierre-et-Miquelon se poursuivent jusqu'à nos jours (sauf entre 1978 et 1986, lorsque les timbres de la République française ont été utilisés).
Les timbres de Saint-Pierre-et-Miquelon sont extrêmement populaires. De nombreux timbres imagés commémoratifs et postaux aériens de Saint-Pierre-et-Miquelon sont magnifiquement gravés, ce qui en fait des œuvres d'art miniatures en eux-mêmes, et nombre de ces timbres ornent souvent également des collections thématiques.
La pêche de la morue et l’isolement des îles ont grandement marqué non seulement l’histoire de Saint-Pierre-et-Miquelon, mais aussi ses timbres. En voici quelques exemples :










Les timbres triangulaires
Bonjour à toi ô ami philatéliste!
Savais-tu que le 1ᵉʳ septembre est un anniversaire important pour certains philatélistes?
Comme tu sais, les timbres-poste sont émis dans toute une gamme de formes… Les formes les plus communes sont, bien sûr, le carré et le rectangle.
Dans mon blogue ce mois-ci, j’aimerais te partager des timbres de forme triangulaire qui figurent dans ma collection avec, comme d’habitude, un peu d’histoire… ☺
Le tout premier timbre triangulaire a été émis le 1ᵉʳ septembre 1853 par une ancienne petite colonie britannique du nom de Cap de Bonne-Espérance (Cape of Good Hope). En 1910, cette colonie s’est unie à trois autres colonies pour former l’Union d’Afrique du Sud. Ce premier timbre de forme triangulaire, connu sous le nom de « Cape Triangular », a aussi été le premier timbre émis en Afrique! Depuis environ une cinquantaine d’années, chaque 1er septembre, de nombreux philatélistes célèbrent l’anniversaire du premier timbre triangulaire.
Les valeurs des deux timbres émis étaient un penny de couleur rouge brique et un quatre pence de couleur bleue. L’on ne sait pas vraiment pourquoi ces timbres ont été émis dans cette forme; certains pensent que ce serait à cause du grand oblitérateur triangulaire utilisé par le Cape Revenue Department à partir de 1839. Les timbres étaient émis non dentelés. Le tarif d'affranchissement dans la colonie était de 4d pour une lettre d'une demi-once et de 1d pour un journal.
Le 18 février 1858, deux nouvelles valeurs sont offertes : un six pence et un shilling. Le tarif de six pence était destiné au paiement des lettres d'une demi-once vers la Grande-Bretagne et le tarif d'un shilling était destiné à l'affranchissement vers certains autres pays.

Timbre du Cap de Bonne-Espérance, 1 penny rouge brique, 1853
Ces timbres ne tardèrent pas à convaincre d’autres colonies à emboîter le pas. Terre-Neuve qui, à l’époque, était aussi une petite colonie britannique émettait à son tour un timbre triangulaire en 1857.

Timbre de Terre-Neuve, 1857

Ce mois-ci, j’aimerais donc te partager quelques timbres triangulaires figurant aussi dans ma collection. Pour souligner le centenaire de la présence du peuple sikh sur son territoire, en 2014, l’Ouganda a émis ses premiers timbres triangulaires. Les quatre timbres représentaient les gurdwaras (lieux de culte sikh) en Ouganda : le Sri Guru Singh Sabha, le Khanda, le Nishan Sahib à Kampala et le Darbar Sahib à Amritsar.
Timbres émis par l’Ouganda, centenaire de la présence sikhe, 2014
En 1997, les États-Unis ont émis des timbres pour souligner l’Exposition philatélique mondiale qui se tenait à San Francisco, Pacifique 97. Ces timbres furent les premiers timbres triangulaires émis par nos voisins.

Enveloppe Premier Jour – États-Unis, 1997
Les premiers timbres triangulaires de l’Équateur furent émis en 1908 pour souligner l’ouverture du chemin de fer Guayaquil à Quito.

Équateur - 1908
L’état féodal de Bhopal, un des nombreux états indiens avant l’unification du pays, a aussi émis plusieurs séries de timbres triangulaires…

Timbre du Bhopal
De nombreux timbres de propagande ou timbres « Cendrillon » ont aussi été émis en forme triangulaire. Une de mes séries préférées est celle émise en soutien à la libération de l’Irlande du Nord.

Timbres « Cendrillon » ou timbre de fantaisie
D’autres timbres « Cendrillon » ou de fantaisie (comme on les appelle en Europe) ont été émis pour célébrer l’Exposition philatélique internationale FIPEX en 1956.

La Compagnie du Nyassa, une compagnie de commerce international similaire à la Compagnie de la Baie d’Hudson d’autrefois, a émis une très belle série de timbres triangulaires en 1924, dont certains à l’effigie du grand explorateur Vasco de Gama.

Comme tu peux voir, il existe de nombreux timbres de formes triangulaires qui ont vu le jour depuis le tout premier en 1853…
On se retrouve le mois prochain!








































