
COVID-19 et la philatélie…
Bonjour à toi ô jeune ami philatéliste!
Ce n’est un secret pour personne… depuis mars 2020, nous vivons une époque remplie de changements sociaux causés par un virus très particulier. La maladie engendrée par ce virus est appelée maladie à coronavirus 2019 (COVID-19).
Évidemment, ce n’est pas la première pandémie; il y en eut bien d’autres qui ont été beaucoup plus dévastatrices. Toutefois, aucune épidémie n'a suscité une réponse médicale, scientifique, sociale et politique aussi massive, rapide et globale que celle de la COVID-19, qui est rapidement devenue une urgence de santé publique mondiale reconnue par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en janvier 2020. En mars 2020, l'OMS a déclaré que l'épidémie de COVID-19 était une pandémie.
Pratiquement dès le début de la pandémie, de nombreuses administrations postales ont émis ou prévoient d'émettre des timbres en réponse à la pandémie de COVID-19. Les timbres rendent hommage aux travailleurs de la santé et aux intervenants de première ligne essentiels dans le monde entier et offrent des messages de solidarité. Pour un collectionneur/philatéliste comme moi, c’était l’occasion idéale de me créer une nouvelle thématique de collection… ☺
Le premier timbre sur la COVID-19 a été émis par l'Iran le 17 mars 2020, suivi par la Chine le 11 mai. À titre de comparaison, afin de souligner l’importance accordée à la COVID-19, le premier timbre lié au sida n'est apparu que de nombreuses années après la découverte du VIH.


La plupart des timbres sur la COVID-19 sont des timbres commémoratifs, ce qui signifie qu'ils sont émis pour une courte période et ne sont pas des émissions postales nationales permanentes (aussi appelés timbres définitifs ou timbres courants). Certains de ces timbres, dont ceux du Maroc, de la Suisse et la série émise par les Nations unies, comportent des surcharges afin d’amasser des fonds supplémentaires destinés à des œuvres caritatives.



Le timbre de solidarité pour la COVID-19 émis par la Suisse a permis de prélever environ 2,5 millions de francs (plus de 3,5 millions de dollars américains) pour aider des personnes ayant été touchées par le virus. L'île de Man a aussi versé des sommes assez importantes grâce à la vente de ses timbres « Carry Us Through ».

Souligner des événements importants à travers l’émission de timbres n’est pas chose nouvelle. Il s'agit d'un moyen de communication de masse utilisé pour commémorer des événements ou sensibiliser le public à des sujets présentant un grand intérêt social. Les messages éducatifs et de solidarité concernant les maladies infectieuses sur les timbres sont apparus en 1904, lorsque le commis de la poste danoise Einar Holbøll a eu l'idée de prélever des fonds pour la tuberculose en ajoutant une surtaxe à la vente d'un timbre « sceau de Noël ». Avec l'essor du courrier électronique, l'importance culturelle populaire des timbres-poste a diminué, mais ils demeurent un moyen efficace qui permet aux gouvernements et aux organisations non gouvernementales de communiquer à grande échelle et de collecter des fonds.

En ce qui concerne les timbres sur la COVID-19, parmi les sujets les plus souvent représentés, on retrouve évidemment, et avec raison, les travailleurs et travailleuses de la santé, les scientifiques qui poursuivent la recherche sur le virus de la COVID-19 et des patients. Deux émissions de timbres dépeignent des patients gravement malades, toutes deux émises par des pays frappés tôt et durement par la pandémie, notamment un dessin au trait fin d'un patient intubé dans un lit de soins intensifs et d'un travailleur de la santé vérifiant les fluides intraveineux provenant de Chine; et un patient debout ventilé de manière non invasive et pris en charge par un travailleur de la santé des urgences ou des soins intensifs provenant du Brésil. Un autre timbre représente un patient gravement malade soigné par une équipe de soins intensifs, avec à sa tête une femme en position héroïque, faisant partie d’une série de timbres représentant des travailleurs essentiels en cas de pandémie (y compris des employés d'hôpitaux non-médecins et des fonctionnaires) provenant de France.

D’autres timbres évoquent le concept de « combat », rendant hommage aux travailleurs de la santé et aux forces armées brouillant parfois la distinction entre les deux comme étant essentielle à la lutte contre la pandémie. On peut citer, par exemple, un visage partagé en deux, mi-soins mi-soldat; un soldat portant un masque à gaz associé à un médecin faisant un signe de victoire; des masques symbolisant l'armée, la police, les pompiers et d'autres fonctionnaires; et un travailleur de la santé « superhéros » avec une cape rouge flottante.
D'autres encore représentent les mesures d'atténuation de la pandémie avec lesquelles nous avons appris à vivre depuis mars 2020, en insistant entre autres sur la reconnaissance des symptômes, la distanciation physique, le lavage des mains et la désinfection des surfaces. Un timbre que je trouve particulièrement intéressant a été émis par la Polynésie française. Ce timbre montre deux femmes portant des masques à motifs floraux assortis et elles sont séparées par six noix de coco, soit la distance physique recommandée d'un mètre.

Personnellement, je trouve que tous ces timbres sur la COVID-19 soulignent l’importance accordée à la pandémie et la détermination des gouvernements à lutter contre l'épidémie, à rassurer leur population, à l'éduquer et à la motiver sur les meilleures pratiques de santé publique. Le timbre de Monaco, le seul timbre (du moins jusqu’à maintenant) représentant une photo, montre le Prince Albert II tenant un globe tourné vers l'Asie, où l'épidémie a commencé, avec un message appelant à « la patience, la confiance, le courage, la solidarité ».

En cette période de notre histoire, ces timbres me réconfortent, car ils reflètent un sentiment de solidarité mondiale, des efforts massifs de santé publique et l'espoir de surmonter ce nouveau défi médical, scientifique et humain. Malgré la popularité des médias sociaux et l’importance de plus en plus accordée aux courriels, ces timbres prouvent qu'ils peuvent toujours être un appui créatif pour les messages de santé publique, en particulier dans les régions du monde qui dépendent encore du courrier terrestre.
On se retrouve le mois prochain! Bonne continuation!
Les timbres de Noël
Bonjour à toi ô jeune ami philatéliste!
Maintenant que la neige est arrivée et qu’elle fera partie de notre décor quotidien pour les prochains mois, Noël arrive à grands pas!
Comme c’est le cas depuis plusieurs années, les magasins étaient déjà décorés pour Noël dès le lendemain de l’Halloween! Les étagères débordaient déjà de décorations et de cadeaux prêts pour le père Noël… Cela décrit assez bien l’aspect commercial de Noël en Amérique du Nord et probablement dans la plus grande partie du reste du monde occidental.
Des fois, tout le brouhaha des Fêtes devient accablant; c’est alors que je trouve refuge dans mes albums de timbres.
De nombreux pays émettent des timbres de Noël destinés à être utilisés pendant la saison de Noël, bien qu'ils soient valables pour l'affranchissement toute l'année. Ils sont généralement mis en vente entre début octobre et début décembre et sont imprimés en quantités considérables.
Noël est une thématique extrêmement populaire en philatélie. En raison des grandes quantités imprimées, presque tous les timbres de Noël sont faciles à trouver et ne coûtent pas très cher. Le choix des motifs est très varié, allant d’images de peintures ouvertement religieuses de la Nativité peintes par les Grands Maîtres à des images d'arbres de Noël, de couronnes, du père Noël, etc.
Bien que certaines îles tropicales produisent des timbres de Noël de grand format destinés principalement à la vente aux collectionneurs de timbres, pour le reste du monde, les timbres de Noël sont des « timbres réguliers » qui seront utilisés en grand nombre pour envoyer, entre autres, des cartes de vœux. Par conséquent, les timbres ont tendance à être de taille normale et sont parfois offerts en séries pour couvrir les différents tarifs nationaux et internationaux.
La question de savoir quel a été le premier timbre de Noël fait toujours l'objet d'un débat. Le timbre de la carte du Canada émis en 1898 porte l'inscription « XMAS 1898 » et fait donc de notre pays le premier à faire référence à Noël sur un timbre avec la sortie d'une émission de deux cents célébrant l'immensité sans précédent de l'Empire britannique.

Timbre du Canada – 1898 – « Premier » timbre de Noël
En 1935, les troupes des forces britanniques stationnées en Égypte ont reçu un timbre de Noël pour l’envoi de leur courrier vers la Grande-Bretagne. Pendant de nombreuses années, ces timbres n'ont pas été inclus dans les catalogues de Stanley Gibbons parce qu'ils étaient perçus, entre autres, comme étant des timbres Cendrillon (faux timbres) plutôt que comme des timbres-poste. Toutefois, vu que ce timbre a bel et bien été utilisé pour l’envoi de lettres et de cartes, il est depuis correctement inclus dans ces catalogues. Il devrait donc être compté comme le premier timbre britannique émis expressément pour marquer Noël.

Timbre des forces britanniques en Égypte – 1935
En 1939, le Brésil a émis quatre timbres semi-postaux avec des motifs représentant les trois Rois mages et une étoile, un ange et un enfant, la Croix du Sud et un enfant, et une mère et un enfant.

Timbres du Brésil – 1939 – Premiers timbres de Noël brésiliens
En 1941, la Hongrie a également émis un timbre semi-postal dont les frais supplémentaires étaient destinés à payer le « Noël des soldats ». Les premiers timbres représentant la Nativité ont été émis par la Hongrie en 1943. Il s'agissait d'émissions uniques, ressemblant davantage à des timbres commémoratifs qu'à des émissions régulières.

Hongrie – 1941 – Noël des soldats

Hongrie – 1943 – Timbre de Noël
Les timbres de Noël suivants ne sont apparus qu'en 1951, lorsque Cuba a émis des modèles avec des poinsettias et des cloches, suivis par Haïti (1954), le Luxembourg et l'Espagne (1955), puis l'Australie, la Corée du Sud et le Liechtenstein (1957).

Cuba – 1951 – Noël

Luxembourg – 1955 – Noël

Espagne – 1955 – Noël
L'Australie a été le premier pays à commencer à imprimer annuellement un timbre de Noël. Cela a débuté en 1957 avec un timbre représentant une petite fille agenouillée en prière et l’étoile de Noël dans le ciel au-dessus.

Australie – 1957 – Noël
Lorsqu'il devint Directeur général des Postes britanniques en 1964, Tony Benn suggéra l'émission de timbres de Noël l'année suivante, suite aux demandes répétées des citoyens britanniques. Cependant, les fonctionnaires du ministère des Postes étaient catégoriques : les timbres de Noël ne pouvaient pas être émis, car ils ne répondaient pas aux critères existants pour les timbres spéciaux. Ayant une opinion assez forte sur le sujet, Benn présenta son programme d'émissions spéciales pour 1966 parmi lequel il incluait une série pour Noël. Il remporta son pari et les timbres de Noël figurent parmi les émissions annuelles de timbres britanniques depuis lors. Les premiers timbres de Noël de la Grande-Bretagne ont été émis le 1er décembre 1966 et représentaient le Roi d'Orient et un bonhomme de neige dessinés lors d'un concours entre écoliers.

Grande-Bretagne – 1966 – Timbres de Noël
Le premier timbre de Noël des États-Unis a été émis en 1962 et représentait des bougies et une couronne. Depuis, les timbres de Noël sont devenus très populaires aux États-Unis. Depuis 1970, les timbres de Noël américains comportent chaque année deux thèmes : un « traditionnel » et un « contemporain ». Les timbres traditionnels ont tendance à être basés sur des œuvres d'art religieuses, tandis que les timbres contemporains ont généralement un sujet séculier.

États-Unis – 1962 – Bloc de quatre
La tradition annuelle des timbres de Noël du Canada ne commencera qu'en 1964. Les premiers timbres de Noël de l'ère moderne du Canada ont été émis le 14 octobre 1964 et représentaient l’étoile de Bethléem. Depuis, le Canada émet annuellement des timbres de Noël. La première apparition d'une image de Jésus-Christ ou du père Noël sur un timbre de Noël canadien remonte au 7 octobre 1970. Ce jour-là, Postes Canada a émis 12 timbres de Noël, chacun conçu par des écoliers.

Canada – 1964 – Noël

Canada – 1970 – Série de timbres de Noël dessinés par des écoliers
En 1972, des enfants ont aussi dessiné les timbres de Noël de la Suède. Le timbre de 75 öre de la série représente trois enfants participant aux festivités de la Sainte-Lucie. La fête des Lumières de Sainte-Lucie a lieu le 13 décembre dans toute la Scandinavie en l'honneur de Sainte-Lucie, une Sicilienne du quatrième siècle qui fut martyrisée pour sa foi.

Suède 1972 - Timbres de Noël dessinés par des écoliers
Dans les années 1990, environ 160 administrations postales émettaient des timbres de Noël, le plus souvent sur une base annuelle. Les pays islamiques constituent le plus grand groupe de non-participants, bien que l'Autorité palestinienne émette des timbres de Noël depuis 1995.
En 2007, l'Islande a émis des timbres de Noël qui représentent un pain plat traditionnel préparé au moment des Fêtes. Un motif de feuille décoratif est découpé dans le pain, qui est servi avec de la viande fumée. La fabrication du « pain feuille », autrefois pratiquée à l'occasion de toutes les fêtes, est devenue principalement une coutume de Noël en Islande. Divers motifs décoratifs, tels que des arbres de Noël, des étoiles, des couronnes, des maisons - sont tracés dans le pain.

Islande 2007 – Timbres de Noël
La somme des connaissances acquises par l’entremise des timbres me fascinera toujours!
Je te souhaite, à toi et à ta famille, un très joyeux temps des Fêtes et une très bonne année pour 2022! On se retrouve en janvier…
Les timbres et les scouts
Bonjour à toi ô jeune ami philatéliste!
Ce mois-ci, j’aimerais partager avec toi un élément important de mon passé personnel et son lien avec la philatélie… le scoutisme!
J’ai passé une partie de mon enfance et toute mon adolescence à Saint-Boniface au Manitoba. Même si j’ai quitté le Manitoba il y a 35 ans, je me souviens toujours très bien de l’ancien local scout situé sur la rue Aulneau, presque en face de l’intersection avec la rue Despins… C’était une grande maison, depuis devenue une résidence personnelle, qui était le lieu de rencontre hebdomadaire du scoutisme francophone de Saint-Boniface. J’y ai été louveteau, éclaireur et pionnier… Je garde d’excellents souvenirs de cette étape formative de ma vie. Le scoutisme m’a apporté beaucoup et j’ai réussi à implanter cet intérêt chez mes enfants qui, eux aussi, ont été louveteaux et éclaireurs pendant quelques années chez les scouts francophones d’Edmonton… Si je me souviens bien, j'ai encore certains de mes anciens badges dans une boîte quelque part. Tout cela pour te souligner mon intérêt pour le scoutisme…
Lorsque l’on collectionne les timbres par thématique, où l'on collectionne les timbres en fonction de leur thème ou de leur illustration, la philatélie et d'autres champs d’intérêt peuvent être combinés. Dans cette optique, un certain nombre de pays ont émis des timbres représentant des scouts. Depuis l'avènement du scoutisme en 1907, les timbres-poste de nombreuses nations ont représenté des sujets tels que les activités scoutes, l'histoire du scoutisme, les uniformes du monde entier, pour n'en citer que quelques-uns. Pour les spécialistes de la thématique « scoutisme », il est aussi possible de collectionner les cachets spéciaux qui ont été utilisés lors des grands événements scouts.
Le scoutisme a été fondé en Angleterre en 1907 par le futur Lord Baden-Powell. Grâce à son héroïsme lors du siège de Mafeking (maintenant connue sous le nom de Mahikeng), au cap de Bonne-Espérance (Afrique du Sud) où il était commandant de la garnison. Le siège de Mafeking était une bataille de 217 jours pour la ville de Mafeking pendant la seconde guerre des Boers, d'octobre 1899 à mai 1900. Le siège a fait l'objet d'une attention considérable, car Lord Edward Cecil, le fils du premier ministre britannique, se trouvait dans la ville assiégée, tout comme Lady Sarah Wilson, fille du duc de Marlborough et tante de Winston Churchill. Le siège a fait du commandant britannique, le colonel Robert Baden-Powell, un héros national. La relève de Mafeking (la levée du siège), bien qu'ayant peu d'importance sur le plan militaire, remonte le moral des Britanniques en difficulté.
À Mafeking, les réserves de timbres étaient limitées et, en avril 1900, des timbres d'urgence ont été produits, destinés à l'affranchissement local dans la ville assiégée. L'un des timbres montre un portrait de Baden-Powell. Même si c'était sept ans avant le début du scoutisme, les timbres de Mafeking sont considérés comme les premiers timbres du scoutisme.

Timbre de Mafeking avec Baden-Powell. Ce timbre est une reproduction, car l’original coûte plus de 1 500 $.
Le premier scout représenté sur un timbre est apparu en 1925 lorsque la Hongrie a imprimé une série de huit timbres sportifs montrant des athlètes et un clairon scout devant des tentes. Le coût de ces timbres à l’époque équivalait au double de la valeur faciale plus 10 %, et était défini comme étant un revenu pour ces activités sportives ainsi que pour le scoutisme.

Timbre de Hongrie – Scout – 1925
Le Jamboree mondial de 1933 qui s'est tenu à Gödöllő, en Hongrie, a été le premier Jamboree mondial à être commémoré par des timbres-poste. Depuis le jamboree de Gödöllő, la tradition veut que chaque nation hôte émette un ou plusieurs timbres ou une carte postale pour souligner le jamboree.

Série de timbres de la Hongrie – Jamboree 1933
Parmi les timbres scouts les plus populaires sont ceux qui ont été émis par la Grande-Bretagne en 1957. L’histoire de ces timbres démontre l’impact que le scoutisme a eu sur l’émission de timbres un peu partout à travers le monde. Dès 1955, l'Association des scouts britannique contacte le Conseil consultatif de la poste pour proposer un timbre commémorant le centenaire de la naissance de Lord Baden-Powell, le 22 février 1957. L'idée est rejetée en juillet 1955, car la politique de la Poste était de limiter l'émission de timbres spéciaux aux événements de haute importance pour la nation ou ayant une signification postale majeure. Désolée de cette décision, l'Association des scouts britannique poursuivit sa pression pour que des émissions spéciales soient réalisées pour célébrer le Jamboree du Jubilé des scouts et les Jeux de l'Empire britannique, et cette pression continuelle porta finalement ses fruits au printemps 1956. Au début du mois de mars de cette année-là, le Directeur général adjoint, S. D. Sargent, fit circuler un mémo dans lequel il réexaminait les arguments en faveur d'émissions spéciales commémorant les deux événements en concluant que des émissions spéciales régulières à intervalles d'environ deux ans respecteraient la politique en vigueur. Ce mémo indiquait que les numéros spéciaux devaient présenter des « événements d'actualité d'une importance nationale ou internationale exceptionnelle ». Avec ce changement, le Conseil consultatif de la poste est revenu sur son refus antérieur. C'est ainsi qu'il a été annoncé à la Chambre des Communes le 13 juin 1956 que la Poste émettrait une série de timbres pour commémorer le Jamboree du Jubilé des scouts.

Série de timbres de la Grande-Bretagne – Jubilé du scoutisme 1957
Si tu collectionnes les timbres depuis un certain temps, tu as peut-être remarqué que de nombreux pays latino-américains ont émis des timbres pour commémorer le scoutisme. Un événement qui explique, du moins en partie, ce respect pour le scoutisme parmi ces pays est la guerre du Chaco. La guerre du Chaco (1932-35) a opposé la Bolivie et le Paraguay pour le contrôle de la partie nord de la région du Gran Chaco (le Chaco boréal) dont on pensait à tort qu'elle était riche en pétrole. Ce fut le conflit militaire le plus sanglant des Amériques au cours du 20e siècle. Pourquoi est-ce que je parle de guerre dans un article sur le scoutisme, un mouvement parmi les plus pacifistes? Durant ce conflit, puisque les services postaux étaient perturbés, ce sont les scouts qui, grâce à leur discipline et à leur grand sens de l’organisation, assuraient la livraison des lettres et des colis. Depuis, la Bolivie et le Paraguay ont émis de nombreux timbres célébrant le scoutisme.

Série de timbres de la Bolivie
En 2007, année du centenaire du scoutisme, de nombreux pays ont publié des séries spéciales de timbres et d'enveloppes premier jour pour célébrer les 100 ans du scoutisme.
Les images ci-dessous montrent une sélection de timbres scouts que j'ai dans ma collection…
On se retrouve le mois prochain! Bonne continuation!

Timbre du Canada – 1955 – Premier jamboree à l’extérieur de l’Europe

Timbre du Canada – 1983 – 75ᵉ anniversaire du scoutisme canadien

Timbre du Canada – 2007 – 100ᵉ anniversaire du scoutisme

Timbre de Namibie – 100ᵉ anniversaire du scoutisme en Namibie
La reine Élizabeth II et les timbres
Bonjour à toi ô jeune ami philatéliste!
Petite devinette pour toi… Quelle personne a figuré sur le plus grand nombre de timbres-poste? Si tu collectionnes les timbres déjà depuis un certain temps et que tu as lu les titres de mes articles, la réponse est assez facile. Il s'agit bien sûr de la reine Elizabeth II du Royaume-Uni. Elle est apparue sur plus de 300 timbres britanniques, ainsi que sur des dizaines d'émissions de chacun des pays du Commonwealth britannique, dont évidemment le Canada. Elle est également apparue sur des timbres de pays non membres du Commonwealth tels que, entre autres, le Libéria et le Togo. Cela est, bien sûr, dû à sa longévité en tant que monarque, à l'augmentation du nombre de pays émetteurs de timbres du Commonwealth depuis son accession au trône en 1952 et à la vaste augmentation des timbres émis par chaque pays, chaque année, depuis les années 1960.
Timbre de la Nouvelle-Zélande célébrant l’ouverture du parlement néo-zélandais en 1954


Timbre de Hong Kong, partie d’une série omnibus célébrant le couronnement de la reine Élizabeth II
À son apogée, après la Première Guerre mondiale, l'Empire britannique, sous le règne du roi George V, couvrait plus de 33 000 000 milles carrés, soit près d'un quart de la superficie terrestre totale de la Terre, avec environ 458 millions d'habitants, soit un cinquième de la population mondiale à l'époque. L’Empire faisait le tour du globe, ce qui lui a valu d'être appelé « l'Empire sur lequel le soleil ne se couche jamais ». En 1949, avec la décolonisation de l'Empire britannique suite à une autonomie accrue de ses territoires, le Commonwealth des Nations a été créé.
Le 6 février 2022, la reine Élizabeth II est devenue le premier monarque britannique à célébrer un jubilé de platine, marquant ses 70 ans de règne. Plusieurs pays planifient des émissions de timbres afin de souligner cet important événement. Vu que nous ne sommes qu’en février 2022, il ne m’est pas encore possible de te les présenter, car je n’en ai pas encore obtenu. Toutefois, comme tu t’en doutes certainement, ce n’est pas la première fois que la reine Élizabeth II est l’objet de diverses célébrations philatéliques.
Que tu soutiennes ou non le concept de la monarchie, il est impossible d'ignorer l’important statut acquis par la reine Élizabeth II. C’est en 1952, lors d’une visite officielle au Kenya que la princesse Élizabeth apprend la nouvelle du décès de son père le roi George VI. Élizabeth devient alors non seulement la reine du Royaume-Uni, mais aussi la Chef du Commonwealth, une association de pays et territoires faisant ou ayant fait partie de l’Empire britannique.
La princesse Elizabeth Alexandra Mary monte sur le trône en tant que reine Elizabeth II le 6 février 1952, à la suite du décès de son père, le roi George VI. Cependant, la cérémonie de couronnement à Westminster n'a eu lieu que le 2 juin 1953. Cela se fait effectivement, dans la pratique, pour laisser suffisamment de temps à la période de deuil du monarque récemment décédé.
Les quatre timbres britanniques commémoratifs illustrés ci-dessous ont été émis le 3 juin 1953 pour célébrer le couronnement de la reine Elizabeth II. Les dénominations 2 1/2 P., 4 P. et 1 S. 6 P. présentent le portrait Wilding de la reine Elizabeth II, avec des décorations symboliques autour du portrait. La dénomination 1 S. 3 P. présente un portrait de face de la reine Elizabeth II, en robe de couronnement, portant la couronne de Saint-Édouard et tenant l'orbe et le sceptre.

Timbres de la Grande-Bretagne émis lors du couronnement officiel en juin 1953
Un fait intéressant à souligner : ces timbres ont été émis le lendemain de la cérémonie du couronnement. Cela est dû au fait que tous les bureaux de poste du Royaume-Uni étaient fermés le jour du couronnement.
Il y a soixante-dix ans, le Canada célébrait sa nouvelle Reine avec des fêtes officielles, des défilés et, bien sûr, des timbres postaux. Une nouvelle série de timbres à usage courant à l’effigie de la nouvelle Reine est émise le 1er mai 1953. Malheureusement, les plaques gravées utilisées pour ces nouveaux timbres ont été mal produites et les timbres imprimés donnaient une ressemblance très peu attrayante à la Reine. En conséquence, cette émission de timbres est devenue l'une des émissions de timbres les plus vilipendées de l'histoire de la philatélie canadienne. À l'époque, l'apparition de la Reine sur ces nouveaux timbres définitifs suscitait l'indignation du public.

Timbres du Canada émis en 1953 afin de souligner le couronnement officiel de la reine Élizabeth II
Le 1ᵉʳ juin 1953, le Canada célèbre le couronnement officiel de la nouvelle Reine en émettant un timbre de 4 cents à son effigie.

Timbre du Canada - 1953
Le jubilé d'argent d'Elizabeth II, marquant le 25ᵉ anniversaire de son accession au trône du Royaume-Uni, a été célébré avec des fêtes et des défilés à grande échelle dans tout le Royaume-Uni et le Commonwealth tout au long de 1977. Évidemment, de nombreux pays en profitèrent pour émettre des timbres afin de souligner l’événement.
En 1977, 54 nations ont émis des timbres-poste pour honorer le jubilé d'argent de l'accession d'Elizabeth au trône. De manière significative, la portée et le concept de ces émissions sont sans précédent dans l'histoire philatélique, car jamais auparavant autant de nations n'ont coopéré pour émettre une série de timbres individuels qui, lorsqu'ils sont considérés comme une collection complète, capturent un événement de cette ampleur.
C’était aussi la première fois qu’une collection retraçait si fidèlement les événements du Sacre et dépeignait les joyaux de la couronne et les insignes du couronnement dans toute leur beauté. Conçues individuellement par les artistes les plus éminents du Commonwealth – peut-être le plus grand assemblage de talents jamais réunis dans un seul but – ces émissions sont, pour la plupart, considérées comme étant des chefs-d'œuvre de l'art philatélique.

Timbre du Canada – 25ᵉ anniversaire du couronnement

Timbre des Îles Fidji - 1977

Série de timbres – Australie 1977

Îles Falkland - 1977
En ce qui concerne la célébration de la reine Élizabeth II sur des timbres, ce n’est pas les occasions qui manquent. Le 20 novembre 1947 à 11 h 30, la princesse Elizabeth et le prince Philip Mountbatten se sont mariés à l'abbaye de Westminster lors d'une cérémonie diffusée à la radio à 200 millions d'auditeurs à travers le monde.
La Reine et le duc d'Édimbourg ont été mariés pendant près de 74 ans jusqu’au décès de Philip à l'âge de 99 ans le 9 avril 2021. Lors de leurs noces d’or en 1997 (50 ans de mariage), de nombreux pays ont aussi émis des timbres afin de souligner la longévité du couple royal.

Feuillet souvenir – Papouasie et Nouvelle-Guinée – 1997
50ᵉ anniversaire de mariage d’Élizabeth II et du prince Philip

Pli Premier Jour – Grande-Bretagne – 50ᵉ anniversaire de mariage d’Élizabeth II et du prince Philip
Savais-tu que la reine Élizabeth II est aussi une philatéliste? C’est bel et bien le cas! La Collection philatélique royale est la collection la plus complète d'objets liés à la philatélie du Royaume-Uni et du Commonwealth britannique, avec de nombreuses pièces uniques. Parmi les principaux objets, seul le célèbre timbre magenta de la Guyane britannique 1c manque à la collection de timbres impériaux britanniques, un des seuls timbres que la Reine elle-même ne peut pas se payer… moi non plus d’ailleurs… Selon les experts, l'impressionnante collection de timbres de la Reine aurait une valeur estimée de 124 millions de dollars…
On se retrouve le mois prochain! Bonne continuation!
Les États de la Trêve
Bonjour à toi ô jeune ami philatéliste!
Ce mois-ci, j’aimerais te parler de timbres très communs, mais qui n’ont pas bonne réputation : les timbres émis par les États de la Trêve (Trucial States en anglais). Que nous les collectionnions ou non, que nous les voulions ou non, nous les avons tous vus. Si vous collectionnez les timbres du monde entier depuis un certain temps, ces timbres ont été entre vos mains…
Il y a déjà plusieurs années, j'avais acheté un lot de timbres sur eBay en espérant obtenir des timbres de ce qui est devenu les Émirats arabes unis en 1971 - en d'autres termes, des sept émirats qui composaient brièvement les États de la Trêve. Hélas, près de la moitié du lot était constituée de timbres non répertoriés dans le catalogue Scott - et cela est justifié pour la plupart, car ce matériel « dunaire » émis après 1971 a rarement été utilisé pour l’envoi du courrier, mais plutôt, semble-t-il, pour satisfaire un nombre toujours grandissant de collectionneurs de timbres en Europe et en Amérique du Nord.
Quels sont ces États de la Trève? Les émirats qui font aujourd’hui partie des Émirats arabes unis (United Arab Emirates) - Abu Dhabi, Ajman, Dubaï, Fujeira, Sharjah, Ras al Khaima et Oumm al Qaïwaïn - sont connus sous le nom des États de la Trêve parce qu'ils ont accepté de renoncer au commerce des esclaves et à la piraterie dans le cadre d’une trêve maritime (un traité) avec la Grande-Bretagne en 1853.

Timbre de l’Ajman

Oumm al Qaïwaïn

Fujeira
Pourquoi le mot « dunaire »? Ce mot pas très politiquement correct fait référence au fait que ces états sont situés le long de la côte du Golfe Persique en abord du désert arabe formé d’interminables dunes…
Même si le catalogue Scott ne répertorie pas la plupart de ces timbres, il semblerait qu’ils sont répertoriés dans le catalogue allemand Michel (je ne sais pas pour le catalogue Yvert). Ce qui démontre qu'il y a tout de même un marché assez important pour ces timbres en Allemagne et en Europe occidentale.
Je dois admettre que je ne collectionne pas vraiment ces timbres; la raison étant qu’ils ont rarement été utilisés pour affranchir du courrier. Quoiqu’il existe tout de même de rares envois postaux affranchis uniquement avec ces timbres, ce sont essentiellement des lettres contenant des listes de prix et des propositions commerciales pour ces mêmes timbres. Ceux que j’accepte dans ma collection sont les premières séries émises par ces États (1963-1971); surtout des timbres avec l’effigie du sultan ou de l’émir local.


Timbres d’Abu Dhabi

Dubaï

Ras Al Khaima
Les États de la Trève se sont unifiés le 2 décembre 1971 pour créer les Émirats arabes unis, le pays que nous connaissons aujourd’hui. Malgré la création de ce nouveau pays en 1971, la plupart des petits États ont continué à émettre des timbres pour les collectionneurs. En fait, ce ne sont pas ces petits États qui émettaient ces timbres, mais plutôt des compagnies situées en Europe. En ce qui concerne ces timbres émis après 1971, ils ne sont pas considérés comme étant de vrais timbres, car ils ne sont pas reconnus par l’Union postale universelle, agence postale internationale située en Suisse.



Timbres des Émirats arabes unis
Cela étant dit, si tu collectionnes les timbres par thématiques, beaucoup de ces timbres « dunaires » peuvent avoir une certaine valeur éducative pour les jeunes collectionneurs. De quoi aiguiser l'appétit pour la culture générale, avant l'ère de l'Internet. Beaucoup d'entre eux sont des œuvres d'art miniatures qui démontrent une belle conception graphique. Pour le collectionneur thématique, certaines de ces émissions peuvent représenter l'image rare d'un type de champignon spécifique, des personnages royaux ou même des espèces de pingouins… La plupart des fresques des grands artistes de l’histoire, de la Renaissance à l’ère contemporaine, se sont retrouvées sur des timbres « dunaires ».
Aujourd'hui encore, d'énormes quantités de ces timbres se retrouvent toujours sur le marché et atterrissent assez facilement dans les collections de ceux qui aiment les diverses thématiques représentées…
Bien sûr, il n’y a pas que ces États « dunaires » qui subissent le dédain snob de ceux qui se considèrent comme des « collectionneurs sérieux ». D'autres pays qui émettent de nombreux timbres dont l’utilisation postale est douteuse comprennent le Libéria, la Sierra Leone, les Tuvalu, la Dominique, la Guinée équatoriale, l’Anguilla, la Barbuda et, ces dernières années, toute une gamme de régions administratives issues de l’ancien empire soviétique : l’Abkhazie, la Touva, la Karakalpakie, la Carélie, etc.

Libéria

Dominique

Touva
Lorsque l’on collectionne les timbres, il y en a pour tous les goûts! Il n’est pas interdit de collectionner les timbres « dunaires » ou ceux des pays que je viens d’énumérer…
Pour un grand nombre de collectionneurs, je crois qu'un obstacle important est l'oblitération imprimée (cancelled to order), mais après tout, quelle différence réelle y a-t-il avec les oblitérations matricielles de tant d'autres nations? Une autre objection consiste dans les thèmes illustrés, certainement pas très pertinents pour les lieux d'origine, mais si l’on garde un esprit ouvert et que l’on voit ces timbres avec un œil éducatif, n’ont-ils peut-être pas une certaine qualité?
On se retrouve le mois prochain! Fais bien attention à toi!
Les gorilles et les timbres!
Bonjour ô jeune ami philatéliste!
Aujourd’hui, j’aimerais te partager d’une belle aventure que j’ai effectuée au Rwanda il y a quelques années… Une aventure qui a engendré ma passion pour les timbres représentant des gorilles…
Lors de ma visite au Rwanda, pays des mille collines, je ne pouvais pas rater l’occasion de visiter le célèbre parc national des volcans. À l’intérieur de ce parc, les luxuriantes pentes des volcans abritent un superbe écosystème, particulièrement approprié pour profiter d’une expérience inimaginable : la rencontre avec les gorilles des montagnes.

Timbre du Rwanda – série sur les gorilles, 1970
Le tout commence lorsque mon chauffeur attitré d’Amahoro Tours, Abby, vient me chercher au Centre César. Après une visite guidée de Kigali, dont une visite au Mémorial du génocide, nous avons pris la route en direction de Musanze, ville située dans le nord-est du pays, à environ deux heures de route de Kigali. En chemin, Abby m’explique que, la semaine précédente, dix-neuf gorillons ont été baptisés lors d’une cérémonie officielle. Ce baptême est devenu, au fil des ans, une fête annuelle, qui s’appelle Kwita Izina en Kinyarwanda. Principale attraction touristique du Rwanda, les gorilles sont aussi une importante source de revenus.
Musanze, autrefois appelée Ruhengeri, est la ville où l’on continue le travail de l’anthropologue Dian Fossey au Dian Fossey Gorilla Fund International Centre. À savoir que lorsque l'on est touriste au Rwanda, et ce depuis le 1er juin 2012, il faut dépenser 750 $ américain pour obtenir un permis pour aller voir les gorilles.
En arrivant à Musanze, j’ai récupéré mon permis aux bureaux d’Amahoro Tours et Abby m’a déposé à mon auberge. Située dans une maison de style colonial belge, non loin du centre-ville, l’auberge offrait un service pas toujours disponible en Afrique : de l’eau chaude! Puisque les nuits à l’équateur commencent vers 18 h, je n’ai pas tardé à me coucher afin d’être prêt pour ma grande aventure du lendemain.
Abby était au rendez-vous le lendemain matin à 6 h afin de prendre la direction du parc au lever du soleil. Arrivé au point de rendez-vous à l’entrée du parc des volcans dans le village de Kinigi, je me mêle à la soixantaine de personnes qui, comme moi, sont ici pour rencontrer nos cousins lointains. La journée est brumeuse et l’on aperçoit à peine les volcans. Dix familles de gorilles, dont seulement sept sont conditionnées aux visites, vivent éparpillées au pied de cette chaîne de volcans qui forment une frontière naturelle entre le Rwanda, l’Ouganda et la République démocratique du Congo. Ces volcans sont en activité et comprennent le volcan Nyiragongo. Ce dernier, dont la dernière éruption importante remonte à 2002, avait sérieusement mis en péril la ville de Goma située de l’autre côté du lac Kivu.

Timbre du Rwanda montrant la région des volcans, 1966
Des équipes de six touristes se dirigeront vers les familles de gorilles. Chaque famille de gorilles a ses particularités et ses lieux de prédilection. Les randonnées pour aller les voir ne sont pas toutes les mêmes et certaines nécessitent même une excellente condition physique. La famille de gorilles que nous allions rejoindre était la famille Umubano, composée de neuf gorilles dont un mâle alpha (silverback), deux autres mâles plus jeunes (black backs), quatre femelles et deux gorillons.


Timbres du Rwanda montrant des danseurs traditionnels rwandais. Au Rwanda, on entend souvent le son des tambours. Ce son invite à danser, mais il est aussi décrit comme étant le son du cœur du Rwanda…
Donc, après avoir regardé des danseurs traditionnels et bu une délicieuse tasse de thé (le Rwanda est la capitale africaine du thé), nous avons embarqué avec nos chauffeurs respectifs pour atteindre le pied du volcan Sabinyo, d’une hauteur de 3 634 m, celui qui héberge la famille Umubano. Le trajet de 30 minutes de route a été un supplice pour la jeep et mon dos, le chemin était composé d’énormes roches volcaniques et était façonné de rigoles profondes creusées par la pluie. Une fois la voiture laissée, je me suis choisi un long bâton de marche à tête de gorille. Le début était assez facile puisque nous traversions des champs cultivés (patates, maïs, pyrèthre – fleur utilisée dans les insecticides, etc.).

Timbre du Rwanda montrant le pyrèthre, un important ingrédient utilisé dans de nombreux insecticides.
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Timbre rwandais montrant un caméléon, une espèce commune aperçue dans les champs menant à la jungle.
Le Rwanda a adopté comme sienne la célèbre patate irlandaise et en est devenu un des principaux producteurs en Afrique. Puisque les montagnes où habitent les gorilles sont en fait des volcans, les terres environnantes sont très fertiles à cause de la grande qualité de la terre volcanique et le paysage au pied des volcans ressemble à une immense nappe à carreaux très verte parsemée de pierres volcaniques. Après deux kilomètres de marche avec une légère ascension, nous arrivons à la lisière de la jungle. Nous devons enjamber un mur d’un mètre de large et d'un mètre et demi de haut qui a été construit afin d’empêcher, sans trop de succès, les antilopes, éléphants, buffles et gorilles de venir se nourrir dans les champs en contrebas.
De l’autre côté du mur, nous sommes accueillis par un ranger armé d’une vieille kalachnikov. Un des guides m’explique que le ranger est là pour notre protection au cas où des éléphants et des buffles auraient éventuellement l’envie de nous accompagner. L’écologue en moi était rassuré d’apprendre qu’il ne peut leur tirer dessus, il doit tirer en l'air.
Avec des lianes partout, toutes sortes de racines qui pouvaient nous faire tomber, des chardons plus grands que moi, des orties avec des pointes en aiguilles, des fourmis rouges dont la piqûre brûle énormément (je n'ai pas été piqué), des ravins à descendre et ensuite remonter, de la boue glissante et gluante, des flancs de pente de 75 % à gravir, des crottes de buffles et d’éléphants à éviter, de la pluie ruisselante intermittente, l’humidité suffocante, c'était toute une aventure fantastique! La forêt était surtout composée de bambous.

Timbre de la République populaire de Chine montrant du bambou.
Nous étions aussi accompagnés par deux garde-forestiers qui prenaient le temps de nous expliquer ce que nous voyons. Tout au long de l'excursion, on pouvait entendre les coups de canon de l'armée congolaise qui se trouvait de l'autre côté du volcan. Pas très rassurant, mais les gardes nous expliquaient qu'il n'y avait rien à craindre, car l'armée congolaise était à plus de 40 km de l'autre côté de la frontière. J’ai eu l'occasion de voir des antilopes et des singes argentés, mais pas de buffles ni d’éléphants.

Timbres du Ruanda-Urundi – Singe argenté, 1959
Quoique moyennement difficile, mon escalade dans le pays des gorilles est, pour moi, un souvenir exaltant rempli de l’intimité mystérieuse de la jungle avec tous ses chants d’oiseaux colorés et ses cris de singes.
Nous n’avions pas tenu compte du fait qu’une famille de gorilles n’attend pas patiemment l’arrivée de ses visiteurs. Le gorille est un animal semi-nomade, toujours en quête de nourriture. Son met préféré étant le bambou dont la sève a sur lui un effet alcoolisant. Donc, pendant que nous escaladions le flanc du volcan, les gorilles, eux, en quête de bambous, étaient redescendus. Nous les avons suivis ainsi en grimpant, redescendant et en remontant pendant six heures…

Timbres du Rwanda montrant une famille de gorilles.
Par contre, le vrai choc est d'enfin apercevoir un gorille pour la première fois. Tous ces efforts, tous ces bobos ont vite été oubliés... Rien n’aurait pu me préparer à cette rencontre avec un « silverback » qui a trois fois ma grandeur et une puissance telle qu’il déracine un bambou sans trop d’effort. Les gorilles sont énormes, 200 kg pour le gros mâle (silverback), environ 130 kg pour les femelles. J’ai vu deux bébés gorilles. Le grand chef que j'ai dans mes photos s’appelle Charles. Les gardes pensent qu'il est un descendant de Digit, le gorille de Dian Fossey, dont le fils Bindi serait le père de Charles.

Série de timbres de la République démocratique du Congo mettant en vedette une famille de gorilles et un silverback.

Timbre allemand – mère gorille et gorillon
Après tous ces efforts, nous ne pouvions passer qu'une heure avec les gorilles afin qu'ils ne s'acclimatent pas trop aux humains. Cette heure était indescriptible tellement elle était remplie de découvertes et d’émerveillements! Ce qui me fascinait était que, à travers les arbres et les lianes, je pouvais apercevoir les champs de patates en bas, au flanc du volcan; un indice de la précarité de vie de ces primates. J’étais toutefois au cœur de l’action, à quelques pieds à peine de ces êtres tranquilles, inoffensifs, amicaux et d’une grande intelligence. Les guides nous ont montré comment « parler » à un gorille en utilisant des sons à mimiquer afin de leur faire comprendre que nous étions, nous aussi, des êtres pacifiques. Je pouvais les entendre grogner, signe pour un gorille que tout va bien. S’il se met à glousser, cela indique qu’il en a assez et qu’il est temps pour nous de partir. Heureusement, il ne faisait que grogner.

Timbre de Gibraltar – Silverback
Nous pouvions les approcher d'assez prêt. Puisqu'ils venaient de manger, ils se reposaient. Un gorille peut dévorer jusqu'à 30 kg de plantes (bambous surtout) par jour... Tout d’un coup, Charles, un peu ivre de sève de bambou, se dirige vers nous. Notre guide nous ordonne de diviser notre groupe en deux afin de le laisser passer. En passant, Charles donne un coup de pied à une dame. Selon notre guide, c’est un signe d’amitié… faut le savoir! Une fois que notre heure s'est écoulée, nous avons commencé notre descente du volcan. C'était assez dangereux, car il ne fallait pas tomber dans les ravins ni dans les fourmilières de fourmis rouges (fire ants) dont une morsure est douloureuse, mais mortelle si c’est plusieurs centaines de morsures. Cela nous avait pris presque six heures pour trouver les gorilles, mais seulement deux heures et demie pour redescendre...
Comme tous les participants, j'ai reçu un certificat pour ma participation. La journée s'est terminée avec un bon repas de brochettes de chèvre et de patates et quelques grosses bières Primus dans un petit restaurant de Musanze, le Green Garden, situé sur la route principale menant à Kigali.
Et oui, je n’hésiterai pas à refaire une telle excursion… À bientôt!


